Maroc : 3 millions de palmiers dattiers plantés en moins de 10 ans

Récolte des dattes dans l\'oasis d\'Erfoud, située dans la région du Tafilalet (Sud). Photo prise le 27 octobre 2016. 
Récolte des dattes dans l'oasis d'Erfoud, située dans la région du Tafilalet (Sud). Photo prise le 27 octobre 2016.  (FADEL SENNA / AFP)

Un doublement de la production de dattes est en vue dans le sud du pays et des dizaines de milliers d’emplois ont été créés dans cette région déshéritée. 

Avec la plantation de 3,2 millions de nouveaux palmiers dattiers, un des objectifs du plan Maroc vert, lancé en 2010, vient d'être atteint et même dépassé. Longtemps ravagées par le bayoud, une maladie qui dessèche l'arbre, les palmeraies du sud sont aujourd’hui sauvées. Avec la densification des palmeraies existantes (48 000 hectares) et la création de nouvelles plantations modernes (23 000 hectares), c’est toute la filière qui a vécu une profonde transformation. 

Les progrès de l'agronomie et de la biotechnologie ont permis de générer par clonage 500 000 vitroplants (plants obtenus en laboratoire) par an. Une fois qu'ils ont créés in vitro, il a fallu ensuite les aider à grandir avant de les replanter et, bien sûr, les arroser grâce à la mise en place d’un réseau d’irrigation modernisé (goutte-à-goutte). Des dizaines de seuils de dérivation (mini-barrages) ont permis de capter jusqu’à 80% des eaux issues de la fonte des neiges et des pluies de montagne.

Du personnel agricole a également été formé pour replanter, entretenir et féconder les arbres avec de nouveaux matériels (extracteurs de pollen, pulvérisateurs, pollinisateurs de palmiers dattiers). Et plusieurs normes de qualité et de prix ont été élaborées pour faciliter la vente des dattes sur divers marchés (Mejhoul, Feggous, Jihel, Bouzid...). Des ateliers de tri, d'emballage et plusieurs dizaines d’unités frigorifiques de stockage ont été construits. Des coopératives villageoises se sont organisées en groupements d'intérêt économique.

Repeuplement des oasis traditionnelles

En presque dix ans, les résultats sont là. La production a augmenté de 50% avec une nette amélioration de la qualité́, selon le département de l’Agriculture marocain. Alors que la production annuelle du pays a stagné à 90 000 tonnes jusqu’en 2009, elle a dépassé les 130 000 tonnes en 2017 et ce résultat continue d'augmenter.

Cette évolution a permis de créer des dizaines de milliers d’emplois et d’augmenter d’un tiers les revenus des agriculteurs. La phœniciculture (culture du palmier dattier) contribue de 20 à 60% au revenu agricole pour plus de 1,6 million d’habitants de ces régions pauvres des confins sahariens. L'Etat marocain, aidé par des bailleurs de fonds, a investi plus de 700 millions de dirhams (100 millions d'euros) dans ce programme agricole.

Malgré cette politique très volontariste, le Maroc arrive tout juste à fournir ses propres consommateurs, la demande ayant longtemps dépassé la production, surtout au moment de la fin du ramadan, très éloignée de l'époque de la récolte (octobre-novembre). Et à l’export, la datte marocaine est encore concurrencée par la datte algérienne (et tunisienne), très prisée par les consommateurs européens.

Pour autant, ce plan Maroc vert a permis de revivifier l'économie d'une des régions les plus fragiles du pays. Un exemple de stratégie agricole à méditer par les autres pays africains.

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