Le Mercosur au menu des questions d'actualité au Sénat

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L’accord de libre -échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur est au cœur des débats depuis sa signature le 28 juin dernier. Les sénateurs se sont également emparés du sujet lors des questions au gouvernement, ce jeudi.

Depuis l’annonce de sa signature, le 28 juin, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) est l’objet de nombreuses critiques venues de toutes parts. “Cette contestation va de la FNSEA à la Confédération paysanne”, souligne la sénatrice communiste Christine Prunaud. Et le sénateur socialiste, Claude Bérit-Débat, de renchérir : “L’ensemble des écologistes et des agriculteurs dénoncent à l’unanime l’accord avec le Mercosur, cela devrait vous interpeller !”

Cet accord commercial prévoit l’élimination, d’ici dix ans, de la quasi-totalité des droits de douane appliqués aujourd’hui sur les exportations d’un continent vers l’autre. De quoi faciliter “l’importation de milliers de tonnes de viande bovine gavée aux OGM et aux antibiotiques”, s’inquiète Christine Prunaud, avant de lancer : “Ratifier cet accord c’est sacrifier l’agriculture paysanne au profit de l'agrobusiness mondialisé !” Une “aberration pour la santé de nos concitoyens, mais aussi une aberration écologique et politique” selon Claude Bérit-Débat.

“Comment pouvons-nous nous assurer du respect de nos normes face aux pratiques agricoles de ces pays à base d'OGM, de pesticides, d'antibiotiques et d'absence de traçabilité ? Nous n’y parvenons déjà pas aujourd'hui au sein de l’UE!”, interroge le sénateur.   Mais le secrétaire d’Etat auprès du ministre chargé de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, l’assure, il est “hors de question d’avoir du bœuf aux hormones, ou encore des produits faits avec substances que nous n'utilisons pas en Europe”.    

Et “s'agissant de l'environnement, le Brésil a souscrit à l'accord de Paris” assure Jean-Baptiste Lemoyne. Ce que réfute Claude Bérit-Débat, pour qui le gouvernement brésilien fait fi de cet accord” : “Le Brésil déforeste à tout-va !”  

L'engagement brésilien, c’est planter 12 millions d’hectares de forêt supplémentaires et baisser de 37 % le gaz à effet de serre. Nous jugerons sur pièces.”  

“Vous n’aurez aucun contrôle : les contrôles se feront mais il n’y aura pas de sanctions”, conclut le sénateur socialiste.  

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