L'association L214 dénonce une "intimidation" du gouvernement après le lancement d'une cellule anti-intrusion dans les élevages

Un véhicule de la gendarmerie dans une ferme des Landes, le 4 février 2014.
Un véhicule de la gendarmerie dans une ferme des Landes, le 4 février 2014. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

Christophe Castaner a "demandé que l'anti-spécisme soit un des axes prioritaires du renseignement" de la cellule Demeter.

L'association L214, connue pour ses caméras cachées dans des élevages, s'est insurgée, vendredi 20 décembre, contre la création d'une cellule dédiée à la protection des agriculteurs contre les intrusions. Elle estime que le gouvernement entend ainsi "intimider les associations de défense des animaux".

Le 13 décembre, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, avait présenté la cellule Demeter, intégrée au sein de la gendarmerie, qui doit œuvrer à la prévention, au renseignement et au traitement judiciaire des atteintes aux exploitations. Le ministre avait dit avoir "demandé que l'anti-spécisme soit un des axes prioritaires du renseignement".

"Un arsenal répressif démesuré"

Depuis le début de l'année, la gendarmerie a indiqué avoir recensé 14 498 faits d'atteintes au monde agricole, en augmentation de "1,5% par rapport à l'année précédente". L214 évoque "41 intrusions" dans des fermes par des militants antispécistes entre le 1er janvier et le 30 août 2019. L'association souligne que cet "échantillon" de 0,28% est "monté en épingle et associé à des actes de vandalisme sans rapport pour 'justifier' un arsenal répressif démesuré".

Ces moyens visent à "faciliter les inculpations pour association de malfaiteurs : une infraction qui peut être punie de 10 ans de prison et jusqu'à 150 000 euros d'amende. C'est une véritable menace pour les lanceurs d'alerte et une entrave au débat démocratique nécessaire autour de notre modèle agricole", affirme l'association.

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