"La France pour l'instant n'est pas prête à ratifier" l'accord UE-Mercosur, annonce le gouvernement

La porte-parole du gouvernement, Sibeth NDiaye, le 25 juin 2019 à l\'Assemblée nationale.
La porte-parole du gouvernement, Sibeth NDiaye, le 25 juin 2019 à l'Assemblée nationale. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

Négocié depuis vingt ans, cet accord de libre-échange, très critiqué par les agriculteurs et les écologistes français, a été signé le 28 juin. 

Réelle volonté de renégocier ou effet d'annonce ? "La France pour l'instant n'est pas prête à ratifier" l'accord signé entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, a déclaré mardi 2 juillet la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, indiquant que Paris allait "regarder dans le détail et en fonction de ce détail décider". Comme lors des négociations dans le cadre de l'accord de libre-échange Ceta entre l'UE et le Canada, la France demandera "des garanties" aux pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), a-t-elle assuré sur BFMTV et RMC.

Sur Europe 1, le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a assuré que l'accord ne serait ratifié que si le Brésil respecte ses engagements, notamment en matière de lutte contre la déforestation en Amazonie. "La nouvelle Commission européenne et surtout la nouvelle majorité au Parlement européen aura à décortiquer cet accord avant de le ratifier", a-t-il insisté. Le président français Emmanuel Macron avait salué samedi la conclusion de ce vaste traité de libre-échange, tout en se disant "vigilant" sur sa mise en œuvre.

Des critiques des écologistes et des agriculteurs

Cet accord est très critiqué par les agriculteurs et les écologistes français. Les premiers redoutent la concurrence de produits qui ne sont pas soumis aux mêmes règles sanitaires et environnementales qu'en Europe. Les seconds reprochent à l'Union européenne de soutenir, à travers ce texte, la déforestation de la forêt amazonienne au profit de l'agriculture brésilienne et autres atteintes environnementales.

Dans un entretien au Monde, l'ancien ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, n'a pas mâché ses mots. "La mondialisation, les traités de libre-échange sont la cause de toute la crise que nous vivons. Si on ne s'attaque pas à cela, ça ne sert à rien. Ce n'est pas en installant trois éoliennes que l'on va y arriver", a-t-il lancé.

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