La Cour des comptes pointe des insuffisances dans les contrôles sanitaires des aliments

Dans un abattoir à Sainte-Cécile, le 5 juillet 2018.
Dans un abattoir à Sainte-Cécile, le 5 juillet 2018. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Dans son rapport annuel publié mercredi 6 février, la Cour des comptes pointe du doigt des insuffisances à toutes les étapes de la chaîne.

Quelques jours après l'affaire de la viande avariée polonaise, la Cour des comptes, dans son rapport annuel publié mercredi 6 février, dénonce des insuffisances dans le contrôle de la sécurité sanitaire de l'alimentation et ce, à toutes les étapes de la chaîne.

Des autocontrôles peu encadrés

Selon les magistrats de la rue Cambon, le problème commence au cœur des entreprises, avec des autocontrôles peu encadrés. On l'a vu dans l'affaire Lactalis en 2017 : le groupe avait détecté des salmonelles dans son usine de lait pour bébé, mais sans obligation d'avertir les autorités. Les résultats sont restés dans les tiroirs. La loi a enfin inscrit noir sur blanc cette obligation il y a trois mois, avec à la clé des sanctions. Mais cette loi ne dit rien des rappels trop poussifs, là encore Lactalis l'a prouvé. Trois mesures de retrait n'ont pas suffi : il y avait encore du lait contaminé en rayon.

De nombreuses dérogations

Autre faille : les dérogations autorisées par le droit européen, très nombreuses, et qui dérèglent la chaîne de contrôle. Or, plus de la moitié des établissements qui manipulent des denrées d'origine animale en bénéficient et ces usines sont moins surveillées que les autres.

Un manque d'inspecteurs dans les abattoirs 

Également dans le collimateur de la Cour des comptes, les abattoirs, surtout de volailles et de lapins. Les inspecteurs sont trop peu nombreux. D'ailleurs, plus largement, les moyens humains sont insuffisants selon les magistrats : un restaurant est contrôlé en moyenne tous les 15 ans.

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