Grippe aviaire : "Nous rassurons nos clients", confie un éleveur de volailles

Une poule dans une ferme de Biras (Dordogne), le 15 septembre 2015.
Une poule dans une ferme de Biras (Dordogne), le 15 septembre 2015. (CITIZENSIDE/GERARD BOTTINO / CITIZENSIDE.COM / AFP)

Après la Dordogne, le département des Landes est aussi touché par le virus d’influenza aviaire. Francetv info a contacté des éleveurs de la région pour connaître leurs sentiments face à cette crise.

L'activité avicole est à son plus haut début décembre : canards, dindes et chapons sont  bichonnés pour être servis, dans quelques semaines, sur les tables à l'occasion des fêtes de fin d'année. C'est dans ce contexte que trois nouveaux foyers de grippe aviaire ont été détectés dans les Landes et en Dordogne, lundi 7 décembre. Ils s'ajoutent aux trois foyers déjà découverts ces dernières semaines en Dordogne.

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Par mesure de précaution, des milliers de volailles ont été abattues pour éviter que la maladie ne se propage. Une catastrophe pour les éleveurs directement touchés. Les autres se veulent stoïques : contactés par francetv info, ils assurent que leur activité n'est pas menacée pour le moment.

"Nous faisons maintenant 80% de notre chiffre d'affaires"  

"Nous sommes dans une production saisonnière, nous ne proposons pas des rillettes et du foie gras toute l'année, explique à francetv info Benoit Logier, éleveur de volailles grasses bio à Saint-Antoine-d'Auberoche, dans les environs de Périgueux (Dordogne). Entre le 15 octobre et la fin décembre, nous faisons 80% de notre chiffre d'affaires." 

Même si son exploitation, située à une cinquantaine de kilomètres du foyer le plus proche, n'est pas touchée, il reconnaît que les consommateurs s'inquiètent et posent des questions. 

Mais nous vendons en direct, nous sommes en contact avec le client, donc on peut lui expliquer, le rassurer.Benoit Logier, éleveur de volaillesFrancetv info

Les premières victimes sont les éleveurs proches des fermes touchées par l'épizootie. "J'ai six salariés et cela nous tombe dessus à un mois des fêtes. C'est terminé pour nous. Ça aurait été différent si cela avait eu lieu en février ou en mars", se désole dans Sud Ouest, Alain Germain, éleveur à Turnac (Dordogne). Les services vétérinaires ont procédé au confinement de ses volailles.

"Les commandes ont déjà été passées"

Mais les éleveurs plus éloignés des foyers de grippe aviaire refusent de céder à la panique. Didier Margouti gave des canards à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans le sud-ouest du département. "Pour Noël, les animaux sont déjà gavés. J'attends un dernier lot la semaine prochaine. Je n'ai aucune inquiétude à ce jour. Les mesures de confinement ont été prises dans les exploitations concernées", assure-t-il à francetv info.

Gérald Le Grelle est producteur de volailles bio à Pillac (Charente), une ville située à une quarantaine de kilomètres d'un des foyers de grippe. Il n'a pas constaté de baisse des ventes, explique-t-il à la Charente Libre, même s'il suit de près l'évolution des cas de grippe aviaire. Si le virus se propageait à son élevage, "c’est l’intégralité de [s]on revenu qui serait touché puisque ma production de céréales est consommée par les animaux", détaille-t-il au quotidien.

Dans les Landes, la chambre d'agriculture assure que toutes les mesures ont été prises pour éviter une contamination. Eric Laffont, président de la chambre d'agriculture, joint par francetv info, espère qu'il n'y aura pas de conséquences sur les ventes. "Les commandes ont déjà été passées. Il n'y a pas, pour l'instant, d'annulations, affirme-t-il. A voir comment le consommateur va réagir maintenant. Mais nous avons des produits de qualité et nous espérons que le consommateur va vouloir se faire plaisir."

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