Glyphosate : "On fait les choses avec bienveillance et parcimonie", assurent des agriculteurs qui ne voient pas comment s'en passer

La France a confirmé lundi son intention de réduire progressivement l\'utilisation agricole de l\'herbicide controversé glyphosate, le plus vendu au monde (illustration).
La France a confirmé lundi son intention de réduire progressivement l'utilisation agricole de l'herbicide controversé glyphosate, le plus vendu au monde (illustration). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

L'interdiction du glyphosate voulue par le gouvernement provoque des débats parmi les agriculteurs. Beaucoup se défendent d'en abuser et souhaitent qu'avant tout, la question de l'avenir de l'agriculture en France soit posée. 

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La France a confirmé lundi 25 septembre sa volonté de mettre fin à l'utilisation agricole du glyphosate, un herbicide controversé. Deux céréaliers des Yvelines, de générations différentes, réagissent en mettant en avant les choix économiques et politiques qu'implique la décision.     

Interdiction du glyphosate - un reportage de Benjamin Mathieu chez deux agriculteurs d'Ile-de-France
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Nicolas Delatre, céréalier dans les Yvelines, exploite 200 hectares de blé, de colza et d'orge près de Rambouillet. Le désherbant fait partie du paysage de cet agriculteur de 55 ans, depuis les années 1980. "J’ai pratiquement fait ma carrière avec du glyphosate", déclare-t-il, en montrant le produit dont il se sert, avec 450 g de glyphosate par litre. L'agriculteur estime que l'herbicide est économique, efficace, sans danger et surtout indispensable à l'agriculture. "On serait incapable sans désherbant de produire des céréales. Ou alors il y a le système biologique", dit-il, mais les données économiques ne seraient pas les mêmes.

Avec le bio, on a un rendement divisé par deux et un prix pour le consommateur multiplié par deux ou trois.Nicolas Delatre, céréalier près de Rambouilletà franceinfo

Christophe Robin, 32 ans, est céréalier et éleveur à Sonchamp. Comme d'autres jeunes agriculteurs, il se dit lassé de passer pour un inconscient et défend sa position, dit-il, sur les réseaux sociaux. Ce céréalier martèle qu'il utilise des produits autorisés. "Je ne vais pas tuer le consommateur qui mange ma camelote. On fait les choses avec bienveillance et avec parcimonie."  Ce jeune agriculteur affirme que s'il peut passer d'un herbicide, il s'en passe. D'ailleurs, il n'est pas contre l'interdiction du glyphosate, mais à condition que tout le monde soit logé à la même enseigne.

Si on l'interdit en France, on interdit tous les produits qui viennent de l’étranger qui ont été traités au glyphosate, aux OGM, aux antibiotiques et on arrête la mise en place du CETA.Christophe Robin, agriculteur à Sonchampà franceinfo

Pour cet agriculteur des Yvelines, la seule question qui vaille débat dépasse le seul emploi de l'herbicide. "Que veut-on faire de notre agriculture en France ?", demande Christian Robin.

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