Fraises : la Pologne casse les prix

FRANCE 2

La Pologne s’est spécialisée dans une variété de fraises que vous retrouvez sûrement dans votre confiture et qui est bien moins chère que la gariguette, que l’on trouve en France.

Chaque foyer français consomme en moyenne 1 kilo de confiture de fraises par an. Dans le Lot-et-Garonne, l'usine Lucien Georgelin produit 40 millions de pots de confiture chaque année : c'est le deuxième producteur français. On retrouve le drapeau français sur les pots, car il assure favoriser les producteurs de fraises de la région. Quelque 10% des fraises des producteurs locaux sont vendues pour faire des confitures, à 3,5 euros le kilo.

À ce prix-là, impossible de produire 100% français : "J'aimerais faire travailler plus les producteurs de ma région, le problème c'est le prix. Il y a certaines fraises qui ont été importées, je ne peux pas vous le cacher", avoue Lucien Georgelin concernant les fruits.

Prix : un euro le kilo

La Pologne est le deuxième producteur d'Europe. 200 000 tonnes de fraises sont ramassées ici chaque année : c'est quatre fois plus qu'en France. Les producteurs locaux plantent des variétés de fruits robustes, de grosses tailles, conçues pour répondre aux besoins des industriels. Les fraises polonaises sont vendues 1 euro le kilo, trois fois moins cher que les fraises françaises. La différence se fait sur la main-d'œuvre : la plupart des cueilleurs viennent d'Ukraine. Plus de 90% des fraises dans les confitures viennent aujourd'hui de l'étranger : Pologne, Maroc ou encore Chine. Sur les étiquettes des pots, il n'y a aucune obligation d'indiquer la provenance des fruits qui ont servi à confectionner la confiture jusqu'à présent.

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Droit de réponse exercé en application des lois du 29 juillet 1982 et du 21 juin 2004

J'ai été interrogé pour la réalisation de ce reportage sur les méthodes de fabrication de la confiture de fraise dans mon entreprise, et sur la provenance des fraises utilisées. J'ai accepté de répondre aux questions, et je l'ai fait de façon franche, sans tenter de cacher de quelconques informations.

Cependant, mes paroles ont été tronquées, et il a été laissé à penser aux téléspectateurs que j'avais dissimulé des éléments relatifs à la composition de nos confitures et à la provenance de nos fraises. Bien sûr, il n'est pas possible de travailler uniquement avec de la fraise française, tant pour des questions de prix que parce que la production n'est pas assez importante pour cela. Nous utilisons donc effectivement une partie de fraises importées, dont "beaucoup viennent de Pologne" comme je l'ai indiqué, parce qu'elles sont non seulement produites en quantités suffisantes, mais aussi de bonne qualité. Par l'effet de montage, a disparu mon explication quant aux proportions entre les fraises françaises et les fraises importées : 50% des fruits utilisés sont cultivés dans le Sud-ouest de la France pour les confitures de nos marques distributeurs, et les fraises françaises sont les seules utilisées pour notre gamme de confiture extra, qui porte le liseré "bleu, blanc, rouge" mentionné dans le sujet. Nous sommes à ce titre certifié IFS Food depuis 2015, et nous avons reçu une médaille de bronze en 2019 pour cette gamme de confiture extra.

Le sujet de France 2 permet de penser que nous sommes malhonnêtes ; nous en sommes profondément blessés. Notre entreprise familiale, qui emploie 350 salariés à l'année en plus des saisonniers, et pour laquelle mon frère Patrick et moi-même nous battons depuis de nombreuses années en travaillant sans compter, est mise en péril par ces allégations. Les nombreux appels et courriels que nous recevons depuis la diffusion témoignent de l'impact catastrophique que cette présentation partielle et non conforme à la réalité de mes propos a pu avoir sur la confiance que les consommateurs et professionnels du secteur nous portent, alors même que nous nous attachons particulièrement à utiliser des fruits produits en France dans nos confitures.

Le reportage indique, il est vrai, avec honnêteté, que la SARL LUCIEN GEORGELIN est la seule à avoir accepté d'ouvrir ses portes aux journalistes de France Télévisions ; à l'avenir, il est certain que je ne répondrais plus à aucune sollicitation de la part de ce groupe.

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