ENQUETE FRANCE 3. Le délicat stockage, en France, du nitrate d'ammonium, cette substance responsable des explosions de Beyrouth

Dans l'Hexagone, les stocks de moins de 250 tonnes ne font ni l'objet d'une déclaration préalable ni d'une réglementation spécifique, et peuvent donc être stockés par les agriculteurs.

C'est la substance responsable de l'explosion survenue dans le port de Beyrouth le 4 août dernier et de celle de l'usine d'AZF du 21 septembre 2001. Le nitrate d'ammonium est un produit chimique couramment utilisé, notamment dans l'agriculture. France 3 est allé, mercredi 16 septembre, à la rencontre de céréaliers dont l'engrais est composé de ce produit hautement explosif. Le stockage de ces petites billes blanches demande une attention particulière. 

"On le stocke dans un bâtiment où il n'y a pas de fourrage, le produit est réputé pour être sûr, pour moi le risque est nul", témoigne un céréalier au micro de France 3, montrant l'emplacement des sacs d'engrais stockés sous une charpente en bois. "Des copeaux de bois peuvent tomber et en cas d'incendie d'un bâtiment voisin (...), qui entraînerait l'incendie de la charpente de bois, la charpente de bois pourrait entraîner l'explosion du nitrate", souligne Paul Poulain, spécialiste des risques d'incendie, à la vue des images tournées par France 3. L'expert tient à préciser que "ce n'est pas la faute des agriculteurs" si "aucune formation à ce sujet ne leur est donnée", déplore-t-il.

En France, les stocks de moins de 250 tonnes ne font ni l'objet d'une déclaration préalable ni d'une réglementation particulière. A titre de comparaison, l'explosion de Beyrouth a été provoquée par l'embrasement de 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium. Dans le cas de l'usine AZF à Toulouse en 2001 en revanche, 300 à 400 tonnes de ce produit avaient suffi à causer une explosion qui a tué 31 personnes et fait 2 500 blessés.

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