Engrais, prothèses, paillettes... Dans l'Hérault, on recycle les coquilles d'huîtres après les repas de fêtes

Un ostréiculteur présente une huitre en janvier 2017 (illustration)
Un ostréiculteur présente une huitre en janvier 2017 (illustration) (MAXPPP)

Mets incontournables des tables de fêtes de fin d'année, les huîtres sont aujourd'hui valorisées. Leurs coquilles sont recyclées, notamment à Sète, dans l'Hérault.

C'est un des mets incontournables sur les tables pour Noël ou la Saint-Sylvestre : l'huître. On la consomme par douzaine. Désormais, les filières de production s'investissent dans le recyclage et la valorisation des coquilles. L'enjeu est environnemental mais également financier. Exemple dans le bassin de Thau, près de Sète, dans l'Hérault.

Coût de la collecte : un million d'euros par an

Fini les coquilles d'huîtres qui partent à la décharge. Dans le bassin de Thau, on les valorise en les recyclant. Une initiative importante puisqu'autour du bassin, on en ramasse 9 000 tonnes par an. "Ce n'est pas un déchet, c'est une matière première", affirme Denis Régler, le directeur du comité régional conchylicole de la Méditerranée. 

"L'objectif c'est de développer au maximum la valorisation et une utilisation bio de nos coquilles, poursuit Denis Régler. D'une part pour le principe et d'autre part pour réduire l'impact du coût de la collecte en vendant les produits valorisés." Collecter et traiter ces coquilles coûte en effet plus d'un million d'euros chaque année.

"Une pollution 100 % bio"

Avant de les vendre entières ou en poudre, les huîtres sont traitées dans l'usine du Mourre Blanc à Mèze. "En agriculture, vous mettez un tas de feuilles dans un coin et ça devient du terreau au bout d'un moment. C'est le même principe. Vous avez des tas de coquilles qui fument un peu mais c'est de la vapeur d'eau qui sort, c'est naturel. Au bout d'un mois, tout ce qui est matière organique devient de la matière minérale", détaille Denis Régler.

Cette matière bio permet de traiter les sols trop acides, comme la chaux mais en moins agressif. "C'est une pollution qui est 100 % bio puisqu'on ne traite pas, on n'alimente pas mais on laisse la nature faire. Les coquilles contribuent également au développement de la vie, du bio dans notre région et au-delà." Les coquilles servent aussi à végétaliser d'anciennes carrières, à fabriquer des prothèses grâce à la nacre ou même ajouter des paillettes dans les peintures.

Le recyclage des huîtres du bassin de Thau, un reportage de Marion Bargiacchi
--'--
--'--

Vous êtes à nouveau en ligne