États généraux de l'alimentation : "Il y a aujourd'hui une inégalité vis-à-vis de l'alimentation"

Guillaume Garot est le président du Conseil national de l\'alimentation et député socialiste de la Mayenne.
Guillaume Garot est le président du Conseil national de l'alimentation et député socialiste de la Mayenne. (THOMAS SAMSON / AFP)

Les états généraux de l'alimentation se tiennent jeudi. Cette concertation entre acteurs du secteur a pour but de revoir complètement le système agricole. Le député socialiste de la Mayenne Guillaume Garot attend "que le gouvernement donne un cap clair". 

Les premiers états généraux de l'alimentation se tiennent jeudi 20 juillet à Bercy, sous la houlette du gouvernement. Cette grande concertation entre acteurs de l'agroalimentaire a pour but de concilier une meilleure rémunération pour les agriculteurs, un plus grand respect de l'environnement ainsi qu'une alimentation plus saine pour le consommateur. Le président de la République Emmanuel Macron ne clôturera pas, contrairement à ce qui était prévu, la première journée de ces états généraux de l'alimentation. Guillaume Garot, président du Conseil national de l’alimentation et député socialiste de la Mayenne, dit attendre "que le gouvernement donne un cap clair à une grande politique de l'alimentation à l'échelle de notre pays".

franceinfo : Le président Macron ne clôturera pas la première journée de ces états généraux. Son absence est-elle un mauvais signal envoyé aux acteurs de l'agroalimentaire ?

Guillaume Garot : Non, il ne faut pas surinterpréter l'absence du président de la République dans la mesure où il s'est engagé à être présent au mois d'octobre pour donner des orientations claires, concrètes, sur ce qui fait débat aujourd'hui, c'est-à-dire les relations entre les producteurs, les transformateurs et la grande distribution. Le président est attendu sur des actes. J'attends que le gouvernement donne un cap clair à une grande politique de l'alimentation à l'échelle de notre pays mais porte aussi un message auprès de l'Union européenne. Il y a toujours de la méfiance des consommateurs vis-à-vis de ce qu'ils mangent et de ce qu'ils boivent. Il faut déterminer la politique agricole que nous voulons à partir de là. Il faut avoir des idées claires sur l'éducation à l'alimentation, la santé et bien évidemment l'environnement.

Cela signifie-t-il un nouveau modèle agricole, du bio dans toutes les fermes ?

Non, la qualité n'est pas uniquement le bio. Il y a aujourd'hui une inégalité vis-à-vis de l'alimentation. La carte de l'obésité se superpose à la carte de la précarité. Je continuerai à me battre pour la justice alimentaire. Mieux manger n'est pas nécessairement manger plus cher. L'enjeu de ces états généraux de l'alimentation est aussi de faire en sorte que l'on puisse avoir une alimentation de qualité à des prix accessibles à tous. Mais lorsque l'on parle de justice alimentaire, il faut aussi faire en sorte que chaque acteur économique soit justement rémunéré. La moitié des agriculteurs vit avec moins de 350 euros par mois. Ça n'est ni tenable, ni durable. Il faut trouver des solutions pour assurer un revenu décent à nos agriculteurs. On parle d'une nouvelle loi mais regardons ce qu'a donné la loi Sapin 2, qui avait été votée par la précédente majorité pour donner plus de force aux agriculteurs dans leurs négociations avec la grande distribution. Ça serait déjà une bonne façon de faire.

Le courage politique n'est-il pas aussi de dire aux consommateurs d'accepter de mettre quelques centimes de plus pour soutenir la filière, pour une alimentation plus sûre ?

Oui, il faut redonner toute sa valeur à l'alimentation et on ne peut pas considérer que la course aux prix bas soit l'avenir de ce secteur. Il faut, mais à des prix raisonnables, mettre un tout petit peu plus dans notre alimentation, car c'est aussi un facteur de santé, de bien-être et de plaisir. L'alimentation est aussi notre culture nationale, c'est le bien-manger, c'est partager des valeurs.

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