Comment bien choisir ses tomates pour éviter de polluer la planète ?

Un maraîcher cultive ses tomates, le 21 septembre 2018 à Trémargat (Côtes-d\'Armor).
Un maraîcher cultive ses tomates, le 21 septembre 2018 à Trémargat (Côtes-d'Armor). (FRED TANNEAU / AFP)

Le Comité national de l'agriculture biologique doit se prononcer jeudi sur le recours aux serres chauffées. Une méthode critiquée par les défenseurs de l'environnement. 

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Peut-on cultiver des tomates bio dans une serre chauffée au fioul, qui génère des gaz à effet de serre ? C'est le débat qui agite l'agriculture française. Lors d'une réunion prévue jeudi 11 juillet, le Comité national de l'agriculture biologique (Cnab) doit se prononcer sur le recours aux serres chauffées. Une pétition contre "l'industrialisation du bio" avait été lancée début juin par plusieurs associations et chefs cuisiniers pour exclure cette technique du label AB (pour agriculture biologique). Ses signataires plaident pour la saisonnalité des produits et dénoncent le coût écologique des serres chauffées.

Cette polémique illustre un peu plus la difficulté pour le consommateur soucieux de l'environnement de s'y retrouver. Franceinfo vous explique comment faire pour manger des tomates sans polluer la planète.

1Consommer de saison

Le premier réflexe qui doit guider votre consommation est la saisonnalité. Manger des tomates en hiver, c'est consommer des fruits venus de loin ou cultivés dans des serres chauffées. Nul besoin de mémoriser le cycle de vie de chaque fruit ou légume : de nombreux calendriers sont disponibles en ligne, comme celui de l'ONG Greenpeace. La saison de la tomate s'y étire de mai à octobre. "C'est meilleur pour votre palais, c'est meilleur pour votre santé et c'est meilleur pour la planète", estimait début juin le restaurateur Xavier Denamur, signataire de la pétition.

2Privilégier le local

Pour encore réduire l'empreinte carbone de votre tomate, il faut privilégier les productions locales. Moins votre fruit aura parcouru de kilomètres pour arriver dans votre assiette, plus faible sera son bilan carbone. Acheter local figure en bonne place des recommandations émises par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) pour une "alimentation saine et durable". Dans un avis rendu (format PDF) en juin 2017, elle précise cependant que "les modes et pratiques de production sont beaucoup plus déterminants en matière de bilan environnemental que le mode de distribution" et que ce "circuit court" doit être optimisé pour vraiment réduire les gaz à effet de serre.

3Choisir un label respectueux de l'environnement

Au grand dam des détracteurs des serres chauffées, le label AB ne garantit pas, pour le moment, que votre tomate a été produite sans utiliser cette technique coûteuse en énergie. Mais vous pouvez, si vous le souhaitez, vous tourner vers d'autres labels, qui ne se contentent pas d'interdire l'utilisation de produits chimiques mais limitent également certaines techniques de culture.

Demeter. Ce label a été créé pour les agriculteurs qui pratiquent la biodynamie. Son cahier des charges (format PDF) n'interdit pas de chauffer les serres, mais précise que "l'utilisation d’énergie pour chauffer les cultures sous verre et sous plastique doit être limitée au maximum".

Bio cohérence. Dans son cahier des charges (format PDF), ce label n'autorise le chauffage des serres que "pour la production et l'élevage de plants", pas pour la culture du fruit.

Enfin, comme le label AB, le label Nature et Progrès n'interdit pas la culture sous serre chauffée, mais impose à ses détenteurs de signaler ce mode de culture sur l'étiquette.

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