"Ça doit clore le bec de certains Français" : en Belgique, des vins mousseux concurrencent le champagne

Les vendanges dans un vignoble en Belgique. 
Les vendanges dans un vignoble en Belgique.  (MICHEL HOUET / MAXPPP)

Depuis plusieurs années, la Belgique produit du vin. Les bouteilles ont gagné en qualité à la faveur du réchauffement climatique et remportent désormais des prix. 

On connaît la Belgique pour ses bières, elle cherche maintenant à se faire connaître pour ses vins. Depuis plusieurs années, les Belges se sont mis à en produire, principalement des vins blancs et des mousseux. Avec la hausse des températures, la surface consacrée à la production de vins en Wallonie a été multipliée par quatre en moins de dix ans. Et certains produits ont déjà remporté l'or dans plusieurs concours internationaux. 

Un climat désormais proche de la Champagne 

Sur le domaine des Agaises, dans le sud du pays, les vendanges viennent de débuter. La récolte s'annonce très bonne cette année, selon Arnaud Leroy, le responsable commercial du vignoble. "On a connu trois grosses vagues de chaleur cet été, ce qui fait que les raisins ont une très bonne maturité et surtout ils sont très sains, il n'y a pas du tout de pourriture". 

Celui qui a eu l'idée de produire du vin en Belgique, c'est son père Raymond Leroy, il y a tout juste 20 ans. Aujourd'hui, le climat en Belgique n'a plus rien à voir avec les températures au début des années 2000 explique-t-il. "Je crois que nous avons le même climat que la Champagne il y a 20 ou 30 ans. C'est ici qu'on va faire le meilleur produit peut-être", s'amuse Raymond Leroy. Alors qu'en Champagne, où il a un associé, "il commence à y avoir des taux d'alcool un peu trop hauts pour faire un effervescent tout en fraîcheur". 

Des prix internationaux remportés 

Aujourd'hui le domaine Ruffus produit quelque 300 000 bouteilles par an. C'est le plus grand producteur de vins du royaume et il a acquis une renommée internationale à travers plusieurs concours. 

Dans un concours, il y avait 15 champagnes dont Dom Pérignon, Moët & Chandon et du Veuve Clicquot. Bref, toutes les grandes marques et le Ruffus est sorti troisième. Ça, ça doit clore le bec de certains FrançaisRaymond Leroyà franceinfo

Aujourd'hui, des responsables de grands établissements s'intéressent au Ruffus, comme le responsable du restaurant la Villa Emily à Bruxelles. "Il est toujours aussi bon, explique Cédric Wautier. Et il y a un côté relativement tendre en bouche. La mousse et les effervescents sont très fins".

L'établissement, qui a une étoile au guide Michelin, propose sur sa carte des vins Ruffus à côté des champagnes. Ce produit est particulièrement apprécié par les clients et pas seulement pour sa qualité. "Ces bouteilles sont accessibles dans un restaurant aux alentours de 50 ou 60 euros au maximum, détaille Cédric Wautier, alors qu'un champagne sera au-delà de 80 euros pour un produit parfois qualitativement moindre ou similaire". Seule ombre au tableau : pour acheter le mousseux le plus célèbre de Belgique, il faut s'y prendre au moins un an à l'avance. 

Le reportage de Joana Hostein
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