"17 ans de bataille diplomatique qui s'arrêtent" : le bœuf français est de retour en Chine

Le boeuf français va pouvoir rejoindre la viande ici japonaise, à Hong Kong en 2012.
Le boeuf français va pouvoir rejoindre la viande ici japonaise, à Hong Kong en 2012. (AFP)

Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, s'est félicité mardi du retour du bœuf français en Chine, absent pour cause d'embargo imposé en 2001. 

En Chine, mardi 6 novembre, la France a célébré le retour du bœuf français et la fin d'un embargo datant de 2001. Un accord entre Paris et Pékin avait été signé en juin. Il s'agit maintenant d'aller conquérir les consommateurs chinois, qui ne connaissent pas ces produits ou qui les ont oubliés. 

Une place occupée par le bœuf australien

À la foire aux importations de Shanghai mardi, ils étaient des dizaines à faire la queue pour goûter au bœuf français. L'embargo imposé dans le sillage de crise de la vache folle est effacé. Il s'agit d'"une victoire" pour le ministre français de l’Agriculture, Didier Guillaume, présent à l'événement. "C'est 17 ans de bataille diplomatique qui s'arrêtent. C'est une grande fête, a déclaré le ministre. Aujourd'hui, c'est une tonne de bœuf français, mais demain ce sera beaucoup plus parce la Chine et les Chinois attendent de la viande française de la qualité et de la traçabilité."

Tout l’enjeu consiste à présent à convaincre les consommateurs locaux d’acheter de la viande française. Ce qui n'est pas évident car les Australiens contrôlent déjà l’essentiel du marché haut de gamme que vise la filière. Surtout, le bœuf australien plus gras, persillé, a contribué à façonner des goûts chinois depuis des années.

Une marque à travailler

Alibaba, le champion chinois du commerce en ligne, qui a fait venir une tonne de bœuf français par avion pour être le premier à distribuer la marchandise, a bon espoir. "En général, la catégorie bœuf se développe très rapidement, explique  Hector Zhang, du service des importations de produits frais dans la société. Chez Alibaba, on n'est pas seulement une plateforme de vente. Notre rôle, c'est de créer des marques, de raconter, de différencier. On a le bœuf australien qui a sa propre marque. Nous allons aussi aider à créer la marque du bœuf français."    

La viande française est de retour dans un marché en pleine croissance. Les acteurs de la filière bœuf, présents sur le salon, savent qu'il vont devoir communiquer sur les atouts de leur production, ce qui signifie davantage de dégustations pour les consommateurs chinois.

Le retour du bœuf français en Chine - un reportage de Simon Leplâtre à Shanghai
--'--
--'--

Vous êtes à nouveau en ligne