Licenciements, ruptures conventionnelles et accidents du travail : la CGT dénonce les méthodes d'une filiale de la Poste

Un camion de l\'entreprise DPD (Photo d\'illustration). 
Un camion de l'entreprise DPD (Photo d'illustration).  (TIM BRAKEMEIER / DPA)

La CGT dénonce mardi les méthodes de DPD, une filiale de la Poste, pointée du doigt pour son organisation du travail et ses pratiques managériales. 

Depuis plusieurs mois, les licenciements, les ruptures conventionnelles et les accidents du travail explosent chez DPD, une filiale de la Poste qui livre des colis aux particuliers et aux entreprises. Des méthodes dénoncées par la CGT, qui a alerté l'opinion publique, mardi 24 janvier, sur l'organisation du travail et les pratiques managériales au sein de cette filiale de la Poste.

Le syndicat a par exemple révélé qu'un salarié du site de Mauguio, dans l'Hérault, aurait été licencié pour avoir livré un colis avec trois minutes de retard. La CGT envisage donc des actions, ces prochaines semaines, sur le site de Mauguio.

87 licenciements et 39 démissions depuis 2014

Selon la CGT, les conditions de travail se dégradent depuis deux ans. Le syndicat parle de "politique de la terreur". Autre exemple : le 28 janvier 2015, Tony Fougère, chauffeur-livreur, a été victime d'un grave accident du travail et la direction ne l'aurait pas aidé. Aujourd'hui, il est en passe d'être licencié. "À cause du poids des colis, mon dos a lâché, je suis définitivement paralysé de la jambe et la direction a refusé de continuer à me payer pendant plusieurs mois".

Au plan national, DPD aurait connu, depuis 2014, 19 accidents du travail, 87 licenciements, 39 démissions et plus d'une vingtaine de ruptures conventionnelles sur un total de 1 500 salariés, déplore le syndicat.

Des représentants syndicaux visés par l'entreprise

À Mauguio, le personnel aurait été réduit de moitié alors que l'activité augmente. Il ne reste que six chauffeurs-livreurs remplacés petit à petit par des sous-traitants, financièrement plus intéressants pour la direction, selon les comptes de la CGT.

Les représentants syndicaux feraient également l'objet de procédures systématiques visant à les licencier. Julie Derudnicki, avocate de quatre salariés de Mauguio, parle de méthodes managériales inacceptables. "On passe de 80 à 200 colis à livrer dans la même journée, ça débouche forcément sur des accidents". La direction de l'entreprise n'a pas souhaité réagir pour l'instant.

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