L'hôpital Georges-Pompidou dans la tourmente après le suicide d'un cardiologue

FRANCE 3

Le professeur Jean-Louis Megnien s'est donné la mort le 17 décembre, alors qu'il revenait de neuf mois d'arrêt pour dépression. Son entourage dénonce le harcèlement dont il faisait l'objet. Sa veuve a porté plainte.

Le malaise est palpable à l'hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, après le suicide d'un cardiologue le 17 décembre. Le professeur Jean-Louis Megnien, 54 ans, s'est défenestré de son bureau au 7e étage. Il était marié et avait cinq enfants.

Aujourd'hui, des médecins racontent le calvaire qu'il a vécu. Il y a un peu plus de deux ans, alors qu'il s'attend à prendre la tête de son service, Jean-Louis Megnien voit le poste lui échapper. Après avoir protesté, il se sent vite poussé vers la sortie. "On avait interdit aux gens de lui parler", assure à France 3 Rachid Zedgi, chirurgien cardiaque. Le professeur est même insulté par certains pairs devant ses patients.

"Je craque. Je n'en peux plus !"

La situation s'envenime et aucune médiation n'aboutit. Dans un mail prémonitoire, fin janvier 2014, le docteur Megnien se confie à une collègue. "Je craque. Je n'en peux plus !", écrit-il avant d'avancer l'idée de se "jeter par la fenêtre".

Jean-Louis Megnien est finalement mis en arrêt maladie pendant neuf mois. Il revient le 14 décembre 2015. "Je découvre un homme meurtri, en grande souffrance", confie Philippe Halimi, chef du service de radiologie. Serrure changée, patients retirés, communication interdite avec lui... Ce retour cauchemardesque se conclut par un suicide, trois jours après.

Enquête sur le management de Georges-Pompidou

"Il a été humilié, insulté, marginalisé. On a essayé de le placardiser, de l'isoler au sein de son service", martèle Bernard Granger, psychiatre à l'hôpital Tarnier.

L'assistance publique a annoncé une série de mesures visant à prévenir et à traiter plus efficacement les conflits. Une commission d'enquête externe doit examiner le management de Georges-Pompidou, régulièrement mis en cause.

La justice devra aussi se prononcer sur cette affaire. La veuve de Jean-Louis Megnien a porté plainte pour établir l'éventuelle responsabilité de l'établissement et de la hiérarchie. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour harcèlement moral.

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