Emploi : les Gad trois ans après

FRANCE 2

À la fermeture de l'abattoir Gad dans le Finistère, 900 personnes ont perdu leur emploi. Un des épisodes les plus sombres de la crise agricole en Bretagne. Que sont devenus les salariés ?

Olivier le Bras a fait le même chemin pendant 19 ans. Dès 5 heures du matin, il allait à l'usine, à l'abattoir de porcs de Gad. "Je travaillais à la chaîne avec mes copains. Je découpais du cochon, je rigolais [...] C'était une vraie vie d'ouvrier", livre-t-il. Gad, c'est l'histoire d'une petite entreprise familiale devenue l'un des fleurons des abattoirs de porcs en France. En 2010, elle emploie jusqu'à 2500 personnes en Bretagne. Mais trois ans plus tard c'est le redressement judiciaire puis la liquidation. Les manifestations se succèdent, les élus se mobilisent, un repreneur se présente, mais un des abattoirs du groupe doit être sacrifié. Ce sera celui de Lampaul-Guimiliau (Finistère), 889 salariés licenciés.

Une cinquantaine de salariés n'a toujours rien retrouvé

Olivier Le Bras a retrouvé le sourire, terminé la découpe de cochons, fini le travail syndical, depuis un an il travaille à mi-temps. Il agent de sécurité à l'aéroport de Brest. "J'ai mis du temps à retrouver du travail, car mon marquage syndical a joué contre moi. J'ai eu la chance de retrouver du travail ici, c'est du bonheur, c'est une chance en réalité", précise-t-il. Et les deux tiers des anciens salariés de Gad ont retrouvé une activité salariée. Les autres sont en formation ou ont créé leur entreprise. Malgré la mobilisation, une cinquantaine d'anciens salariés n'ont toujours rien trouvé. Trois ans après, malgré l'argent, malgré les cellules de reclassement, seulement 1 ancien employé de Gad sur 3 a retrouvé un emploi durable dans le Finistère. 

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