Dia : les 47 salariés sans salaire doivent encore patienter

Magasin Dia 
Magasin Dia  (SEBASTIEN JARRY / MAXPPP)

Le tribunal de commerce de Paris a donné jeudi 6 octobre un délai supplémentaire d'une semaine au repreneur polonais pour régler la situation des 47 employés de Dia sans salaire depuis trois mois, mais sans être pour autant au chômage.

Le groupe Carrefour a vendu en mai 2016 huit de ses magasins Dia à Gastt Expansion, un groupe polonais. La réouverture de ces commerces sous l'enseigne "Okey" n'a jamais eu lieu et les salaires de 47 employés ne sont plus versés. Alors que ces salariés attendaient une décision jeudi 6 octobre, le tribunal de commerce de Paris a accordé au repreneur un délai d'une semaine supplémentaire pour régler une situation ubuesque.

Salariés sans salaire

Les salariés de Dia espèrent que le tribunal de commerce se prononce pour la liquidation judiciaire. Dans ce cas de figure, ils seraient libérés de leur contrat. Ces employés pourraient rechercher un autre emploi ou s'inscrire à Pôle Emploi pour prétendre aux allocations chômage. Dans un premier temps, en septembre dernier la société Gastt Expansion a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris. La décision avait permis que deux mois et demi de salaires non versés aux salariés soient pris en charge par le régime de garantie des salaires. Mais les employés préfèrent une liquidation judiciaire pour ne plus être liés par un contrat de travail avec Gastt Expansion et ainsi, pouvoir tourner la page.

Un quotidien difficile et sans solution

Nazia a travaillé douze ans dans le même magasin, place de Clichy à Paris. Cette mère de famille explique sur franceinfo que sa carte bancaire est bloquée et qu'elle doit "chercher de l'aide partout". "On vit au jour le jour, avec les amis. C'est un cauchemar. Je fais semblant devant mes enfants, mais psychologiquement, on n'est pas bien" explique Nazia. Un autre employé du magasin, Kamel, 32 ans, vit aussi des moments difficiles. Il occupait un poste à responsabilité dans le commerce. Au début, il a cru au projet du repreneur, mais il a vite déchanté. Depuis trois mois, son loyer est payé par sa mère, infirmière. "Nous sommes au bout du rouleau", dit-il ajoutant "connaitre des collègues qui ont sombré dans l'alcool".  

"Ceux qui n'ont pas de proches pour les aider se retrouvent à la rue" : le témoignage de Kamel, ex-Dia, interrogé par Gaële Joly
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