Le RSA a 10 ans : "Un tiers des personnes qui devraient en bénéficier n'en bénéficient pas", selon une ONG

Le logo des allocations familiales qui gèrent le RSA. 
Le logo des allocations familiales qui gèrent le RSA.  (JULIO PELAEZ / MAXPPP)

Selon présidente de l'ONG ATD Quart-Monde France, de nombreuses personnes ne bénéficient pas du revenu de solidarité active alors qu'elles pourraient. 

Il y a dix ans, le 1er juin 2009, naissait le revenu de solidarité active (RSA). Créée par Martin Hirsch, cette aide sociale fusionnait le revenu minimum d'insertion (RMI) et l'allocation de parent isolé pour réduire la pauvreté, en apportant un minimum financier à ceux qui ne travaillent pas, et en offrant un complément de salaire à ceux qui travaillent peu. Cependant, "un tiers des personnes qui devraient en bénéficier n'en bénéficient pas, à cause des démarches compliquées", déplore Claire Hédon, présidente de l'ONG ATD Quart monde France, invitée de franceinfo samedi 1er juin. 

Dix ans et un bilan contrasté 

Selon Claire Hédon, "on ne peut pas faire un bilan négatif du RSA. On résiste mieux à la très grande pauvreté en France qu'en Allemagne ou en Grande-Bretagne. Donc oui, le RSA est quand même un amortisseur". En revanche, elle déplore que la partie insertion du RMI ait de fait disparu : "Les départements n'ont pas forcément les moyens de faire l'insertion, et ça, c'est un élément qui est absolument indispensable si on veut que les personnes se réinsèrent dans la société".

Le gros problème du RSA, c'est qu'un tiers des personnes qui devraient en bénéficier n'en bénéficient pas, tellement les démarches sont compliquées, tellement ils ont peur d'être accusés d'être des fraudeurs ou des profiteurs.Claire Hédonà franceinfo

Selon Claire Hédon, l'un des leviers est la question du travail et de l'accès au travail. "Les personnes veulent travailler, mais on manque d'emplois en France."

Vers un "revenu unique d'activité"

Lundi démarre la concertation officielle sur une réforme aux contours et aux objectifs encore flous, mais qui doit de créer un "revenu universel d'activité" (RUA) qui fusionne le plus grand nombre possible de prestations, dont le RSA. Pour Claire Hédon, cette simplification est bienvenue. Mais elle pointe le risque d'une prestation unique : "Il y a très souvent des ruptures de droit, parce que des dossiers sont incomplets. Du coup c'est l'ensemble des aides qui disparaissent et les recours sont très compliqués. Si c'est pour simplifier et faciliter le recours en cas de problème d'accès au droit, c'est très bien. Si c'est pour que des personnes se retrouvent trois, quatre, cinq mois sans rien, on a de fortes inquiétudes."

Autre sujet d'inquiétude : qu'avec cette simplification, des personnes perdent des aides, notamment parce que des contreparties strictes seraient mises en place. "Pour nous, la condition sine qua non, c'est que personne ne perde", rappelle Claire Hédon, qui se dit prête à entrer dans cette phase de concertation.

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