L'article à lire pour comprendre la situation de l'aciérie Ascoval

Des salariés d\'Ascoval manifestent devant le site de Saint-Saulve (Nord), le 24 octobre 2018. 
Des salariés d'Ascoval manifestent devant le site de Saint-Saulve (Nord), le 24 octobre 2018.  (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

La reprise de l'aciérie Ascoval par le groupe franco-belge Altifort a été validée par la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg.

Un soulagement. La chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg a validé, mercredi 19 décembre, la reprise de l'aciérie Ascoval par le groupe franco-belge Altifort, avec prise d'effet au 1er février 2019. Cette annonce met un terme à plusieurs mois de blocages. Franceinfo fait le point sur la situation de l'usine.

C'est quoi Ascoval au juste ? 

C'est une aciérie située à Saint-Saulve, dans la périphérie de Valenciennes (Nord). Créée en 1975, Ascoval a bénéficié de 200 millions d'euros d'investissement en 2008 et l'aciérie est présentée comme l'une des plus modernes d'Europe et comme un fleuron de l'industrie française. D'après son site internet, Ascoval a produit 193 000 tonnes d'acier en 2017 et "la production devrait atteindre 245 000 tonnes en 2018". L'aciérie emploie actuellement 281 personnes et a réalisé en 2017 un chiffre d'affaires de 135 millions d'euros.

Pourquoi l'aciérie était en difficulté ?

"Pour Ascoval, les ennuis débutent en 2015 quand Vallourec [son actionnaire et unique client aujourd'hui] commence à se désengager en cherchant un partenaire pour acheter la production de son aciérie de Saint-Saulve", écrit LibérationEn 2017, Vallourec cède 60% de ses parts au groupe Ascométal, le leader français des aciers spéciaux, tout en conservant 40% avec des engagements de commandes.

Problème : un an plus tard, en févier 2018, Ascométal est placé en liquidation. Son repreneur, le groupe suisse Schmolz + Bickenbach, refuse de prendre l'usine des Hauts-de-France dans son périmètre industriel. Vallourec se retrouve donc seul actionnaire d'Ascoval, qui est placé en redressement judiciaire.

Quel est le repreneur ? 

Il s'agit d'Altifort, un groupe metallurgique franco-belge basé à Ham (Somme) et propriété de Stanislas Vigier, son président, et de Bart Gruyaert, son directeur général. Constitué il y a quatre ans, le groupe a grandi par rachats successifs : il atteint désormais un effectif de 1 500 salariés, dont 1 370 en France pour un chiffre d'affaires prévisionnel annoncé de 200 millions d'euros cette année.

L'offre de reprise d'Ascoval, d'un montant de 152 millions d'euros, se décompose en 47 millions d'euros de fonds publics "sous forme de prêt" – 25 millions de l'Etat, 12 de la région Hauts-de-France et 10 de Valenciennes-Métropole –, 35 millions d'apport d'Altifort, 40 millions de crédit-bail pour le financement d'un futur train à fil et 30 millions d'affacturage.

Quelles sont les réactions ? 

L'"excellente nouvelle" a été annoncée par le directeur de l'usine, Franck Dourlens, aux salariés qui l'ont accueillie par des applaudissements nourris lors d'une assemblée générale réunie sous le vaste hangar de l'aciérie. "Je voudrais vous dire toute mon émotion. (...) Je pense à vos familles qui ont souffert avec vous", a-t-il lancé.

"Vous avez gardé le cap, le chemin a été long, il y a eu beaucoup de hauts et de bas – surtout des bas – et c'est notre mobilisation (...) qui a fait qu'on est là aujourd'hui avec cette excellente nouvelle. Merci à vous !" a renchéri le PDG d'Ascoval, Cédric Orban. La reprise de l'entreprise "préserve non seulement les emplois d'Ascoval, les 1 000 emplois indirects au niveau de la région, mais devrait en créer 140 nouveaux en deux ans sur le site de Saint-Saulve", a-t-il souligné.

"C'est une bonne nouvelle pour l'industrie et l'emploi", a réagi sur Twitter le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

J'ai eu la flemme de tout lire, vous pouvez me faire un résumé ? ;)

En difficultés depuis plusieurs années, l'aciérie Ascoval, à Saint-Saulve (Nord), avait connu un nouveau coup dur lorsque son actionnaire principal, Ascométal, a été placé en liquidation judiciaire en février 2018. Mais le tribunal de grande instance de Strasbourg a mis fin, mercredi 19 décembre, à un interminable suspense, en validant la reprise de l'aciérie par le groupe franco-belge Altifort, avec le sauvetage de ses 281 emplois.

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