Coronavirus : Laurent Berger demande des "mesures de soutien aux travailleurs" et appelle à "renoncer" à la réforme de l'assurance-chômage

FRANCEINFO / RADIO FRANCE

Pour le secrétaire général de la CFDT, invité du "8h30 franceinfo" mercredi, la réforme de l'assurance-chômage ne doit pas s'appliquer "au 1er avril, sinon ça va être extrêmement brutal pour tout un tas de travailleurs".

Invité mercredi 11 mars de franceinfo, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, demande au gouvernement des "mesures de soutien aux travailleurs qui vont subir les impacts de cette épidémie" de coronavirus en France. "Il va falloir des mesures. Ça commence à se durcir dans un certain nombre de secteurs et être compliqué avec des baisses d'activité dans le tourisme, l'évènementiel, l'aéronautique", a expliqué le syndicaliste.

"Il faut des mesures de soutien aux entreprises, des mesures pour activer le chômage partiel. Il faut aider les entreprises et les filières mais en concertation avec les salariés", insiste Laurent Berger. "On a écrit au ministre de l'Économie, parce que la filière du tourisme avait décidé de se réunir" par rapport "aux conséquences du coronavirus, mais il n'y avait pas de représentants des salariés associés, ce n'est pas possible", a dénoncé le patron de la CFDT.

"Des conséquences" pour les travailleurs précaires

Pour le secrétaire général de la CFDT, "il y a la conséquence pour des personnes qui vont être touchées dans leur emploi notamment les travailleurs précaires qui alternent les petits contrats". Et dans ce contexte, Laurent Berger appelle à "renoncer" à la réforme de l'assurance-chômage qui prévoit une baisse des indemnités pour les travailleurs les plus précaires jusqu'à 20% d'après l'Unedic.

"Les règles qui vont entrer en vigueur le 1er avril visent particulièrement les personnes qui alternent les périodes de chômage et des contrats de travail, explique le syndicaliste et "dans l'événementiel, le tourisme ou la restauration, ce sont des travailleurs qui ont des contrats successifs, ceux-là vont être mis en dehors de l'entreprise assez rapidement, ils seront encore plus la variable d'ajustement en période de crise" notamment à cause de la baisse d'activité provoquée par le coronavirus.

"Hors coronavirus, c'était déjà extrêmement brutal"

Pour Laurent Berger, la réforme de l'assurance-chômage ne doit pas s'appliquer "au 1er avril, c'est absolument indispensable sinon ça va être extrêmement brutal pour tout un tas de travailleurs qui vont subir ces règles avec le chômage parce qu'il y a cette épidémie".

"Je demande qu'on renonce à cette mesure depuis le début, explique Laurent Berger. Ce serait complètement anormal qu'on ait des mesures de soutien aux entreprises, qu'on ne remet pas en cause", et "qu'il n'y ait pas de mesures de soutien aux travailleurs".

"La CFDT est en train de regarder ce que cette réforme va provoquer à situation constante, hors coronavirus, c'était déjà extrêmement brutal en termes de baisse d'indemnisation. Plus d'un million de travailleurs sont concernés", avec une baisse "de 20 à 45% des indemnisations", détaille Laurent Berger. Selon lui, le ministre de l'Économie qu'il a rencontré "comprend l'enjeu de cette demande".

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