Pour Emmanuel Macron, une réforme de l'assurance-chômage s'impose

Le ministre de l\'Economie, Emmanuel Macron, donne un discours à Lyon (Rhône), le 9 octobre 2014.
Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, donne un discours à Lyon (Rhône), le 9 octobre 2014. (CITIZENSIDE / NICOLAS LIPONNE / AFP)

Dans "Le JDD", le ministre de l'Economie estime même que l'Etat pourrait "reprendre la main" si les blocages "sont trop lourds".

Emmanuel Macron relance le débat sur l'assurance-chômage. Le ministre de l'Economie juge nécessaire de la réformer et estime même que l'Etat pourrait "reprendre la main" si les blocages "sont trop lourds", annonce-t-il dans un entretien au Journal du dimanche du 12 octobre.

Un déficit de 4 milliards d'euros

Après avoir déclenché un tollé en prônant une réforme des règles d'indemnisation des chômeurs, le Premier ministre, Manuel Valls, s'était pourtant efforcé mercredi de ramener le calme dans les esprits en renvoyant la question à des négociations entre les partenaires sociaux en 2016. Quant au président François Hollande, il a paru prendre ses distances avec ce débat en estimant à Milan, en marge du sommet européen sur l'emploi, qu'il y avait déjà assez de sujets de réforme sur la table pour occuper le gouvernement.

Mais son ancien conseiller économique remet les pieds dans le plat et part au front. Pour Emmanuel Macron, "il ne doit pas y avoir de tabou, ni de posture. L'assurance-chômage est en déficit de quatre milliards d'euros ; quel responsable politique peut s'en satisfaire ? Il y a eu une réforme, elle est insuffisante. On ne pourra pas en rester là." Il prévient : "Comme l'Etat garantit financièrement le régime, il peut aussi reprendre la main si les blocages sont trop lourds. Le sujet reviendra en temps voulu."

Six mois pour une nouvelle donne

Et ça pourrait venir rapidement. Etat et partenaires sociaux échangeront lors des négociations tripartites sur une nouvelle convention définissant les objectifs de Pôle emploi, qui doivent commencer fin octobre-début novembre. Une autre question, évoquée en septembre par le ministre du Travail, François Rebsamen, mais rapidement mise en sourdine, pourrait ressurgir à ce moment-là : le renforcement du contrôle des demandeurs d'emploi. Ce débat sera alimenté par la publication mercredi d'une étude réalisée par Pôle emploi dans quatre régions sur ce sujet tout aussi sensible que les modalités d'indemnisation.

Promettant, par ailleurs, un "New Deal", le ministre estime que "faire changer les choses, c’est toujours prendre un risque. C’est comme rentrer dans la vallée de la Mort : jusqu’au dernier moment, on ne sait pas quand on va en sortir ; mais la pire des erreurs est de faire marche arrière. Nous avons six mois pour créer une nouvelle donne en France et en Europe."

Cambadélis lui oppose une fin de non-recevoir

Dans la matinée, le premier secrétaire du PS a sèchement répondu à Emmanuel Macron. Pour Jean-Christophe Cambadélis, "la gauche n'a pas de tabous, mais elle a quelques totems, en particulier le fait que quand le président de la République s'exprime, les ministres appliquent". Est-ce une fin de non-recevoir à ce chantier ? "Absolument", a-t-il tranché.

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