Assurance-chômage : réviser l'indemnisation des cadres c'est "baisser leur capacité à retrouver du travail", selon Berger (CFDT)

France 2

Secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger est l'invité des "4 Vérités" de France 2, lundi 25 février. Il revient sur le plan du gouvernement qui veut réviser les allocations chômages des cadres.

Le gouvernement a repris la main sur l'assurance-chômage après l'échec des négociations. L'exécutif envisage de réduire les allocations chômage des cadres. Cela pourrait passer par une dégressivité et un abaissement du plafond maximal d'indemnités. "L'assurance-chômage est un système contributif : je cotise et je reçois à proportion de ce que j'ai cotisé, c'est ça qui fait la solidarité du système. La CFDT n'est pas partisane d'un système de dégressivité pour aucun chômeur indemnisé, et pas plus pour les cadres", explique Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, dans les "4 Vérités" de France 2, lundi 25 février.

"Je mets en garde : à chaque fois que l'on baisse l'indemnisation des demandeurs d'emploi, on baisse leur capacité à retrouver du travail", indique le syndicaliste, en précisant que "la cotisation dégressive c'est mettre le doigt dans un système qui n'a jamais prouvé son efficacité." 

"On ne fait pas de la politique par les petites phrases"

Un rapport remis au Premier ministre Édouard Philippe la semaine dernière propose d'imposer un jour de carence pour tous, pour les salariés du public comme du privé. Le premier jour d'arrêt maladie ne serait pas payé. "Si c'était une mesure stricto sensu, comme ça, c'est une très mauvaise idée. [...] Ce rapport est plus compliqué que cela, je n'ai pas envie de le caricaturer, car c'est plutôt un rapport intelligent [...] sur les jours de carences il y a une grosse inégalité entre ceux qui sont couverts et ceux qui ne sont pas couverts", indique Laurent Berger, avançant le fait que "les arrêts maladie sont aussi une réalité liée à un système de prévention qui est défaillant".

En fin de semaine dernière, devant les présidents des départements de France, Emmanuel Macron s'était montré sévère après la rupture des négociations sur l'assurance-chômage. "Chaque jour, dans le pays, on dit : corps intermédiaires, démocratie territoriale, démocratie sociale, laissez-nous faire", s’est-il exclamé. Et quand on donne la main, on dit : mon bon monsieur, c’est dur, reprenez-la". "C'est méprisant, on ne fait pas de la politique par les petites phrases", rappelle Laurent Berger, qui avait déjà réagi aux propos d’Emmanuel Macron.

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