VIDEO. Pour Hugo Horiot, il faut "sortir du paradigme qu'un autiste n'est pas un être pensant"

BRUT

Hugo Horiot a été diagnostiqué autiste à l'âge de trois ans. Aujourd'hui, il milite pour la pleine intégration de ses semblables dans la société et défend une autre forme d'intelligence, souvent délaissée par les institutions de l’État.

Il se bat pour faire évoluer le regard sur l'autisme. Hugo Horiot, né Julien, est écrivain, comédien et militant pour la dignité des personnes autistes. Diagnostiqué lui-même autiste dès l'âge de 3 ans, il dénonce aujourd'hui la manière dont les institutions traitent ses homologues et entend défendre leur forme d'intelligence. "Si mes parents avaient fait le choix d’écouter les professionnels qui voulaient me mettre en institution […] je ne serais pas parmi vous", confie-t-il. Selon lui, les institutions de l'État comme l'école ne sont aujourd'hui ni prêtes, ni formées pour accueillir les "profils différents", contribuant ainsi à les mettre en situation de handicap en leur collant une étiquette. Et les chiffres le prouvent : 80 % des enfants autistes ne sont, en effet, pas scolarisés.

Selon Hugo Horiot, l'école devrait au contraire les aider à se développer et mettre à profit leurs compétences. "Dans notre société normative, finalement, on va accorder beaucoup plus d'importance que ce soit par exemple dans les entretiens d'embauche ou même dès l’école, à la façon d'être capable, sur une norme établie, d'expliquer quelque chose plutôt que de l'avoir compris […] Tandis que pour une personne autiste, ces choses-là sont généralement moins évidentes."

Un autisme mis à profit par les géants de la Silicon Valley

Pourtant, certaines entreprises de la Silicon Valley, comme Microsoft, exploitent au contraire ces compétences particulières en recrutant des personnes autistes pour des postes bien spécifiques. "On s'est rendu compte que […] le cerveau autiste est naturellement prédisposé à comprendre l'intelligence artificielle", détaille Hugo Horiot. Pour lui, la société va devoir s'adapter à l’autisme. "C'est un enjeu stratégique, c'est un enjeu économique […] Nous gagnerons beaucoup plus à avoir un système dès l'éducation qui soit apte à accueillir ces intelligences divergentes […] Si nous continuons à nous en priver, c'est notre société qui, elle-même, va se mettre en situation de handicap parce qu'elle met en situation de handicap des personnes qui ne devraient pas l'être."

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