VIDEO. Télétravail : "On est plus heureux quand on travaille à distance", assure le cabinet de conseil Greenworking

FRANCEINFO / RADIOFRANCE

Plus de temps en famille, moins dans les transports, plus de productivité, tout cela  participe de cet épanouissement, explique le cabinet. Toutefois, le télétravail n'est pas sans risque. Il doit être "accompagné" et basé sur la "confiance".

Les négociations sur le télétravail reprennent vendredi 11 septembre entre les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC) et le patronat (Medef, CPME, U2P). "On est plus heureux quand on travaille à distance", affirme sur franceinfo Clément Roucher, directeur associé du cabinet de conseil en stratégie et transformation Greenworking.

franceinfo : Est-ce qu'on est plus heureux quand on travaille à distance ?

Globalement oui. Toutes les études que l'on a pu conduire partout dans le monde tendent à montrer depuis dix ans que l'on est plus heureux quand on travaille à distance. Mais le télétravail n'est pas non plus sans risque. On est plus heureux parce qu'on supprime les temps de transport, parce qu'on passe plus de temps avec sa famille, qu'on est plus concentré, plus productif et que cela participe à l'épanouissement. Il y a aussi des conditions de matériels, d'équipements. Il y a des troubles musculo-squelettiques qui peuvent apparaître en télétravail. Donc, globalement oui, mais pas sans risques et donc à accompagner.

Quels sont les risques ? Peut-il y avoir des décrocheurs un peu comme pour les élèves ?

Oui, cela peut arriver et cela nécessite des adaptations dans les pratiques managériales, dans le suivi des collaborateurs. Je ne dis pas "surcontrôle", je ne dis pas d'aller fliquer ses collaborateurs. Ça c'est une mauvaise adaptation.

Le ciment du télétravail c'est la confiance et en retour la transparence et la proactivité de ses collaborateurs. Si on est dans un système d'ultra contrôle et de flicage, là, la distance ne fonctionne pas. 

Clément Roucher, directeur associé du cabinet Greenworking

à franceinfo

Il faut des objectifs réguliers, un suivi régulier. On n'appelle pas trois fois par jour ou par heure pour savoir si je suis bien à mon poste de travail, on n'envoie pas dix messages à la suite sur la messagerie instantanée.

Pourquoi les employeurs sont-ils réticents ?

Il y a beaucoup de choses qui se passent en local. Le télétravail n'est pas un mode unique, c'est une organisation du travail. Ce qu'on a connu pendant la crise, ce n'est pas vraiment du télétravail, c'est un fonctionnement de crise. Ce qui est en train d'être discuté, c'est un cadre global. Dans les faits, les entreprises en local ont négocié depuis des années et certaines n'ont pas attendu pour à nouveau légiférer au sein de l'accord d'entreprise. Les entreprises n'ont pas attendu le législateur pour avancer sur le sujet du télétravail.

Est-ce qu'il y a un risque de fracture entre ceux qui peuvent télétravailler et les autres ?

Oui, c'est un vrai risque d'avoir une France qui se bipolarise encore plus ou même des entreprises avec deux types de métiers. C'est évident que c'est un risque et c'est pour ça que ça doit s'accompagner en bonne intelligence avec des acteurs locaux. Il y de vraies marges de progression.

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