Le jour de carence sera rétabli dans la fonction publique

Le ministre de l\'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, le 6 juillet 2017 à Paris.
Le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, le 6 juillet 2017 à Paris. (MARTIN BUREAU / AFP)

Le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, veut lutter contre le "micro-absentéisme".

C'est le retour d'une mesure décidée par Nicolas Sarkozy et abrogée par François Hollande. Le jour de carence dans la fonction publique sera rétabli, a annoncé jeudi 6 juillet le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, lors des Etats généraux des comptes de la nation réunis à Bercy. Concrètement, cette mesure, promise par Emmanuel Macron pendant la campagne, consiste à supprimer la rémunération du premier jour d'absence pour maladie.

"Même si le jour de carence ne doit pas être le seul instrument pour lutter contre l'absentéisme des agents, qui est aussi la conséquence de souffrances d'une partie d'entre eux (...), il permet de lutter contre le micro-absentéisme qui désorganise les services, alourdit la charge de travail des collègues en poste et coûte environ 170 millions d'euros par an", a déclaré Gérald Darmanin. Cette mesure figurera dans le projet de loi de finances pour 2018. Le ministre a aussi indiqué qu'un "accompagnement" serait accordé aux "fonctionnaires les plus touchés, parce qu'ils sont les moins bien payés dans l'accès aux soins par exemple", sans donner plus de détails.

Une mesure déjà appliquée sous Sarkozy

Cette mesure avait déjà été appliquée entre 2012 et 2014. Votée pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, elle visait à lutter contre l'absentéisme et à réduire les inégalités avec le secteur privé où trois jours de carence sont nécessaires avant que la Sécurité sociale ne verse les indemnités. Sous François Hollande, il avait été supprimé parce que le gouvernement jugeait cette mesure "injuste, inutile et inefficace".

Alors que, dans le privé, le salarié en arrêt maladie ne perçoit une indemnité qu'à partir du quatrième jour de maladie (trois jours de carence) mais voit sa perte de salaire souvent compensée par son employeur, à l'exception des petites PME ou encore des artisans, ce n'est pas le cas dans la fonction publique, où il n'y a pas de compensation financière.

"Une manière de stigmatiser les fonctionnaires"

Les réactions ne se sont pas faites attendre. Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a estimé sur BFMTV que cette mesure était "une manière de stigmatiser les fonctionnaires pour un rendement financier qui n'est pas si extraordinaire que ça", rappelant que "65 à 70% des salariés du privé n'ont pas du tout de jours de carence"

De son côté, la CGT dénonce "une nouvelle mesure de recul social" et "une une nouvelle attaque frontale" après le gel de la valeur du point d'indice pour 2018. "Quant au dialogue social, une telle annonce unilatérale est très malvenue à deux jours d'une première rencontre plénière avec les syndicats", ajoute Jean-Marc Canon, interrogé par l'AFP. Même son de clôche à la CFDT : "L'instauration d'un jour de carence ne consiste en aucun cas en une politique de prévention ou d'amélioration de la qualité de vie au travail", a regretté Mylène Jacquot auprès de l'AFP.

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