"C'est potentiellement mortel" : un pneumologue alerte sur les dangers de la silice cristalline

Des ouvriers travaillent sur un chantier de voirie. (Illustration). 
Des ouvriers travaillent sur un chantier de voirie. (Illustration).  (NICOLAS BLANZAT / FRANCE-BLEU LIMOUSIN)

Philippe Girard, pneumologue à l'Institut Montsouris à Paris, s'inquiète de l'exposition à la silice des ouvriers. Ils regrettent qu'ils ne portent pas plus de protection. 

L'Agence nationale de sécurité sanitaire alerte sur les dangers de l'exposition à la poussière de silice cristalline. L'Anses estime que 365 000 personnes travaillent en contact avec ces poussières chaque jour en France. Une personne sur dix en respirerait plus que les normes, dévoile une étude de l'Anses qui demande au gouvernement de durcir la réglementation contre ce minéral reconnu comme cancérogène par l'Europe.

Une maladie connue depuis longtemps 

"C'est une maladie potentiellement mortelle, qui ne se soigne pas", explique Philippe Girard, pneumologue à l'Institut Montsouris à Paris, invité de franceinfo mercredi 22 mai. "La silicose est une maladie connue depuis très longtemps, notamment chez les mineurs de charbon qui étaient très exposés", rajoute-t-il. 

La silice est un cristal qui s'accumule dans les poumons et n'en ressort pas. Cela provoque des réactions inflammatoires dans le poumon qui peuvent aboutir, selon le niveau d'exposition, à des maladies respiratoires qui peuvent être dangereuses.Philippe Girardà franceinfo

Selon le pneumologue, l'exposition à la silice "peut aboutir à une insuffisance respiratoire et peut provoquer le cancer ou d'autres maladies auto-immunes beaucoup plus rares". Le danger dépend de l'exposition à ces poussières, précise-t-il : "Le risque est corrélé à la quantité inhalée et à la durée d'inhalation. Les très faibles niveaux sont quasi-insignifiants. En revanche, des niveaux élevés et prolongés sont associés à un risque beaucoup plus élevé".

Les ouvriers dans le bâtiment plus exposés 

Philippe Girard explique qu'il ne voit pas davantage de patients qui souffrent de ces maladies. Cependant, il s'étonne de voir que les ouvriers dans le bâtiment portent peu de protections. Ils sont pourtant particulièrement exposés "quand ils manipulent de forts niveaux d'exposition à la poussière de silice, comme lors du sablage, des niveaux d'exposition considérables. Il faut absolument augmenter le niveau d'attention et de soin pour éviter les niveaux d'exposition élevés", estime-t-il.

Le pneumologue conseille de toujours porter un masque, même pour les bricoleurs du dimanche. "Il est toujours bon de protéger ses voies respiratoires pour éviter d'inhaler des poussières, quelles qu'elles soient, la silice en particulier". Philippe Girard rappelle que la prévention est toujours préférable au traitement. "Plutôt que de faire le traitement de la silicose ou du cancer du poumon, il vaut mieux faire de la prévention. Ceci dit, le niveau de risque de cancer du poumon avec la silice est beaucoup plus faible que celui de la fumée de tabac. Il faudrait aussi supprimer le tabac tant qu'on y est", conclut-il. 

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