"Si nous ne montons pas d’un cran, nous n’y arriverons pas" : la CGT Énergie prend le relais contre la réforme des retraites

Des manifestants, membres de la CGT, durant le rassemblement à Lille contre la réforme des retraites, le 9 janvier 2020.
Des manifestants, membres de la CGT, durant le rassemblement à Lille contre la réforme des retraites, le 9 janvier 2020. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Après une grève dans les transports d'une durée inédite, les syndicats contestataires entendent privilégier désormais les actions coups de poing. La CGT Energie compte prendre le relais des conducteurs de trains et de métros.

Ils entendent privilégier désormais les actions coups de poing. À deux jours de la présentation en Conseil des ministres du projet de réforme des retraites, vendredi 24 janvier, les syndicats contestataires comptent prendre le relais des conducteurs de trains et de métros, au 51e jour de grève.

La centrale de Grand'Maison, en Isère, l'usine hydro-électrique la plus puissante de France, a été mise à l'arrêt depuis mardi matin pour protester contre la réforme des retraites, a annoncé la CGT mardi 21 janvier dans la soirée. Le syndicat avait annoncé une semaine "rythmée par la grève et des actions innovantes partout en France".

Des actions "qui font le buzz"

"Si nous ne montons pas d’un cran, en gros le blocage de l’économie, nous n’y arriverons pas", affirme Franck Jouanno, représentant de la CGT Energie du Val-de-Marne. Pour se faire entendre, il faut faire des actions spectaculaires, "qui font le buzz". Une stratégie assumée par le syndicat, déjà à l'origine mardi matin d'une vaste coupure de courant en région parisienne, sur la zone d'Orly et de Rungis. "On sait très bien qu’il y a des groupes électrogènes qui reprendront le flambeau, du coup la coupure est plus que symbolique puisqu’elle a duré une heure et demi, deux heures", explique le représentant syndical.

Si on ne fait pas ce genre d’actions, on n’est pas entendu.Franck Jouannoà franceinfo

Pour les opposants à la réforme, l'avantage de ces coupures sauvages, c'est qu'elles peuvent être décidées de la veille pour le lendemain et qu’elles ne demandent pas une grande logistique, simplement du monde et quelques experts. "Là on était une centaine puisqu’il faut quand même être nombreux pour ne pas se faire 'attraper' par la police", sourit Franck Jouanno. "C’est technique, il y a des manœuvres à faire et à ne pas faire, c’est fait avec une grande technicité", dit-il.

Face à ces coupures sauvages, que la direction confédérale de la CGT n'a jusqu'ici ni désavouées, ni clairement soutenues, Enedis a annoncé vouloir porter plainte. Le Premier ministre Edouard Philippe estime que ces actes doivent être sanctionnés... Encore faut-il pouvoir en identifier personnellement les auteurs.

La CGT Énergie prend le relais contre la réforme des retraites - Reportage d'Emmanuel Grabey
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