Réforme des retraites : "On va vers plus d'équité et de transparence, on peut s'en réjouir", selon un économiste

Le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, avec Agnès Buzyn, avant la présentation de ses propositions de réforme des retraites, le 18 juillet à Paris.
Le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, avec Agnès Buzyn, avant la présentation de ses propositions de réforme des retraites, le 18 juillet à Paris. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a dévoilé jeudi ses recommandations pour un "système universel" qui doit remplacer les 42 régimes existants.

Alors que le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye a dévoilé ses préconisations pour la future réforme des retraites, jeudi 18 juillet, la réforme doit mettre en place un système de cotisation par points et non plus par annuités.

>> Taux plein à 64 ans, système à points... Ce qu'il faut retenir du rapport Delevoye sur la réforme des retraites

"On peut s'en réjouir", a réagi sur franceinfo Philippe Crevel, économiste spécialiste de l'épargne et des retraites et directeur du Cercle de l'Epargne. D'après lui, "en faisant un régime par points avec la règle d'un montant de cotisation qui donnera le même nombre de points quelque soit son statut professionnel, évidemment, on va vers plus d'équité et de transparence"

franceinfo : Un âge d'équilibre à 64 ans est préconisé, pensez-vous que ça incite ou que ça contraint les Français à travailler plus longtemps ?

Philippe Crevel : Les Français souhaitent partir tôt, on se distingue des autres Européens. Il y a plusieurs mesures qui ont incité depuis 1993 les Français à retarder leur départ à la retraite. On a l'impression qu'on va un cran plus loin mais beaucoup de Français ne pouvaient pas avoir leur retraite à taux plein à 62 ans aujourd'hui. Les départs à la retraite se font après 62 ans en moyenne. On considère que c'est un report et il y a donc une crispation au sein de la population. La retraite à 60 ans reste quelque chose de très ancré dans l'état d'esprit des Français et on se demande si on va être capable de travailler jusqu'à 64 ans. Il y a des contraintes financières, on est dans une société vieillissante avec de plus en plus de retraités. C'est la répartition des charges entre actifs et inactifs qui se pose.

C'était inéluctable selon vous ?

Oui, surtout avec un régime où on ne calcule plus comme Jean-Paul Delevoye l'a dit par trimestre. Il fallait trouver un moyen pour inciter les Français à partir plus tardivement. Chez nos partenaires, en règle générale, l'âge de départ à la retraite est fixé à 65 voir 67 ans dans certains pays. Donc 64 ans, on est encore légèrement en-dessous de la moyenne européenne. Le gouvernement est un peu bloqué par la promesse du président de la République qui a dit qu'ils ne toucheront pas à l'âge légal de 62 ans. On note la possibilité de partir avant 64 ans mais avec une décote. Sauf pour des personnes qui ont des emplois très particuliers et où on maintient le dispositif de retraite anticipée. On maintient une liberté de départ à 62 ans mais pour avoir la retraite la plus élevée possible, il faudra partir à 64 ans. C'est vrai qu'il y a une forte incitation à rester dans le monde du travail.

On attend encore aujourd'hui la précision de la valeur du point. Quel sera le montant des retraites ?

Jean-Paul Delevoye a indiqué que le rendement sera de 5,5 % donc pour 100 euros cotisés, on pourra toucher 5,5 euros à sa retraite. C'est un taux de rendement indicatif aujourd'hui qui sera peut-être amené à évoluer dans dix, vingt ou trente ans en fonction de l'équation financière. On ne sait pas le montant exact de sa retraite dix, vingt ou trente ans avant. Ça dépend évidemment du contexte économique et ça, ça ne va pas changer avec le régime par point. Il a néanmoins indiqué que le niveau de pension sera indexé sur l'inflation et que la valeur du point sera indexée sur les salaires. C'est plutôt positif en matière de pouvoir d'achat.

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