Réforme des retraites : "Le système universel c'est pour nos enfants, le pays, la nation", rappelle Delevoye

France 2

Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux Retraites, est l'invité des "4 Vérités" de France 2, mardi 29 octobre.

Emmanuel Macron souhaite trouver le temps de la transition pour appliquer la réforme des retraites. Celle-ci pourrait être réservée aux entrants sur le marché du travail. "Cela fait partie d'une option, elle est dans mon rapport", explique Jean-Paul Delevoye sur le plateau des "4 Vérités" de France 2, mardi 29 octobre.

"Notre système actuel est injuste, illisible, complexe. Ce que nous proposons est quelque chose de très attendu. Les mêmes règles pour tous : à métier identique, retraite identique ; même carrière, mêmes revenus, même cotisation, même retraite. C'est aussi plus redistributif. Ce que nous proposons, c'est de prendre à celles et ceux qui sont un peu avantagés par le système [pour permettre] une augmentation de 49% des retraites les plus faibles", indique Jean-Paul Delevoye.

La réforme serait bénéfique aux femmes. "Les simulations que nous avons faites pour les femmes de générations 1980-1990 indiquent une augmentation de 10% en plus [de leur retraite]", précise Jean-Paul Delevoye. "Vous avez trois millions de femmes aujourd'hui qui ont une majoration pour enfant, avec le système que nous proposons, de trois millions nous passons à huit millions de femmes", ajoute le haut-commissaire.  

"La grève aura lieu, c’est un symbole"

Comment traiter les régimes spéciaux, alors que le climat social s'annonce difficile, avec une mobilisation à partir du 5 décembre ? "Si j'entends, pour la grève du 5, que c'est un moyen pour faire en sorte que le système universel ne se mette pas en place, cela je ne l'entends pas. Le système universel c'est pour nos enfants, pour l'avenir du pays et c'est un pacte de cohésion de la nation", indique Jean-Paul Delevoye.

"Si c'est pour dire : ‘nous avons un contrat [avec la nation, ndlr] et nous estimons qu'il y a une rupture avec une perception de souffrance’, je leur dis : j'entends cela". Cela peut s'entendre, mais venez donc discuter pour regarder à quelles conditions, comment, avec quel temps nous pouvons passer du système qui est le vôtre aujourd'hui à un système universel", précise Jean-Paul Delevoye. "Ne nous faisons pas d'illusion, la grève aura lieu. C'est un symbole. Le vrai problème ce n'est pas la grève, c'est comment on sort de la grève et comment garder une capacité de dialogue et de confiance", conclut le haut-commissaire.

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