Intrusion au siège de la CFDT : l'organisation syndicale annonce qu'elle va déposer plainte

Le siège de la CFDT à Paris, le 21 novembre 2019.
Le siège de la CFDT à Paris, le 21 novembre 2019. (MAXPPP)

Selon la CFDT, "des dizaines d'individus" se sont introduits "violemment" au siège du syndicat dans le 19ème arrondissement de Paris, au 44e jour de contestation de la réforme des retraites.

La CFDT annonce qu'elle va porter plainte lundi, après l'intrusion de plusieurs dizaines de personnes au siège de la confédération syndicale, vendredi 17 janvier, a appris franceinfo auprès de Dominique Primault, le responsable presse de la CFDT.

Des opposants à la réforme des retraites se sont introduits "violemment" vendredi dans les locaux de la CFDT à Paris, où ils ont "agressé verbalement et physiquement des salariés", a dénoncé dans un tweet le secrétaire général de la confédération, Laurent Berger.

La CFDT prise pour cible

"Quelques dizaines d'individus se sont introduits violemment dans les locaux de la confédération CFDT ce midi. Ils ont agressé verbalement et physiquement des salariés de la CFDT. Nous condamnons cet acte et nous ne nous laisserons pas intimider", a tweeté le dirigeant du premier syndicat français, favorable au système universel de retraite par points dénoncé par les grévistes.

Force ouvrière "condamne" cet acte

"Je condamne absolument ce type d'actes. Ce n'est pas de l'expression", a réagi, vendredi 17 janvier, sur franceinfo Yves Veyrier, le secrétaire général de Force ouvrière, après l'intrusion le même jour de plusieurs dizaines de personnes au siège de la CDFT.

"C'est inadmissible", affirme le responsable syndical. "Moi, je veux pouvoir exprimer mes désaccords, parfois très profonds, librement, démocratiquement. Je veux que ceux qui ne sont pas d'accord avec moi puissent le faire de la même façon."

Le patron de FO rappelle que son syndicat subit aussi des violences "au quotidien". La fédération des transports de Force ouvrière, pendant les fêtes de fin d'année, "a été cambriolée, ses locaux ont été mis à sac", rappelle Yves Veyrier. Il dénonce "la mauvaise tournure" que prennent les débats autour de la réforme des retraites. Il tient à dire son "profond désaccord avec le projet du gouvernement", mais entend pourvoir l'"exprimer librement. C'est la démocratie à laquelle je tiens".

La CGT "ne cautionne pas ce type d'action"

"Quels que soient les désaccords possibles entre organisations syndicales, la CGT ne cautionne pas ce type d’action", réagit dans un communiqué la CGT, après cette intrusion. Dans son communiqué, la CGT ajoute que cette intrusion a été réalisée par "des personnes se réclamant d’un collectif de grévistes de cheminots et d’agents de la RATP".

Elle rappelle que "chaque organisation syndicale est libre de son mode de fonctionnement, de son orientation et de ses revendications", avant d'ajouter combattre "contre la réforme des retraites par points et le gouvernement qui l'a décidée, rédigée".

Une "violence injustifiable" pour un député LREM

Olivier Véran, le député LREM de l'Isère, a exprimé lui, sur franceinfo, sa "solidarité vis-à-vis de Laurent Berger". Il tient également à témoigner de sa solidarité envers les salariés du syndicat, qui sont "victimes de cette attaque".

Le député de l'Isère rappelle que "chaque jour, des collègues élus sont empêchés de travailler, parfois ce sont des journalistes, maintenant ce sont des syndicalistes. Dans quel pays vit-on ? Ce n'est pas cela la France". Il appelle à "un sursaut collectif de la population française. La violence ne peut pas être justifiée, elle est injustifiable, elle est inqualifiable". Et il martèle : "Cela n'a jamais amené à plus de démocratie dans l'histoire."

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