Goodyear : plusieurs blessés en marge d'un CCE

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Plusieurs centaines de salariés de Goodyear se sont rassemblés jeudi devant le siège de leur entreprise à Rueil-Malmaison. Plusieurs personnes ont été blessées dans des heurts entre forces de l'ordre et manifestants. Un CCE sur le projet de fermeture de l'usine d'Amiens-Nord s'est ouvert jeudi matin, six ans après les premières annonces concernant la restructuration du site.

La dernière mobilisation remonte à il y a moins d'un mois, et cela fait six ans que ça dure. Plusieurs centaines de salariés de Goodyear France se sont rassemblés jeudi matin devant le siège de leur entreprise à Rueil-Malmaison, au moment où un CCE s'ouvrait sur le projet de fermeture de l'usine d'Amiens-Nord. 

Les salariés, arrivés à bord de onze cars selon la CGT, ont jeté divers projectiles sur les forces de l'ordre (œufs, billes de peinture, canettes) et incendié des pneus, créant un énorme panache de fumée de noire. "Ils nous jettent des lacrymogènes, on se défend avec ce qu'on a, des pneumatiques, ce serait une usine de poulets on jetterait des poulets ", indique Mickaël Mallet, délégué CGT.

Plusieurs blessés dans les heurts

Dans les échauffourées, 19 policiers ont été blessés, "dont six ont été évacués ", selon une source policière. Les manifestants ont également déploré des blessés dans leurs rangs, dont cinq manifestants hospitalisés.

"Il y a 6 ans jour pour jour, on nous a annoncé la fermeture du site et il  n'y a pas eu un seul licenciement ", rappelait Mickaël Wamen, secrétaire CGT d'Amiens Nord, avant d'entrer dans le CCE, soulignant que les salariés étaient encore prêts à se battre.

Fin janvier, la direction présentait son projet de fermeture de l'usine d'Amiens Nord, menaçant 1.173 emplois. La CFDT et la CFE-CGC avaient alors commandé un rapport au cabinet d'experts Secafi, qui conclut que le site d'Amiens-Nord n'est pas rentable. La CGT n'est pas d'accord, elle répète que Goodyear fait des bénéfices au niveau mondial. 

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Jeudi le CCE a notamment examiné "la présentation  du rapport de l'expert Secafi mandaté par le CCE, les mesures d'accompagnement  social et l'analyse économique autour du projet de restructuration ", selon le porte-parole de la direction. Les syndicats devaient faire des "propositions alternatives " à la fermeture de l'usine.

Vers une contestation en justice de la restructuration ?

La CFDT défend entre autres la piste d'un repreneur éventuel et celle d'un plan de départs volontaires pour les seniors. La CGT a mis en avant, seule, un projet de Scop (société coopérative et participative) qu'elle détaillera le 17 mars.

Face à la chute de la production ces dernières années, l'élu CFDT au CCE, Didier Raynaud, considère que "la réorganisation a commencé il y a pas mal de temps ". La CFDT et la CGT ont donc voté quatre résolutions qui vont permettre au CCE d'entamer des actions en justice, pour dénoncer "des irrégularités dans la procédure d'information-consultation relative à la  restructuration ".

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