VIDÉO. Claire Cano-Houllier, entrepreneure et fondatrice de Hiflow : "Il faut plus de femmes à des postes de responsabilité"

franceinfo

Invitée de Stéphane Dépinoy dans ":L'éco", Claire Cano-Houllier est la fondatrice de Hiflow, une société de solutions pour le transport de véhicules. La jeune entrepreneure se confie sur son parcours, celui d'une cheffe d'entreprise dans un secteur majoritairement masculin : l'automobile. 

Claire Cano-Houllier est une jeune entrepreneure. Il y a sept ans, alors qu'elle n'a que 23 ans et qu'elle est à peine diplômée d'HEC (l'École des Hautes Études Commerciales), elle fonde Hiflow, une société de solutions pour le transport de véhicules. 

Son domaine ? "Digitaliser la logistique des véhicules. On a lancé notre idée il y a 7 ans alors qu'on était deux entrepreneurs, je suis associé à Idris Hassim. Notre idée était de permettre à des Français de louer des voitures à un euro symbolique en échange d'un rapatriement de véhicule d'un point A à un point B pour un loueur de voiture comme Europcar", raconte Claire Cano-Houllier.

Mais la fondatrice de Hiflow a depuis élargi son activité à la livraison de véhicules neufs à domicile. Elle explique : "On s'est rendu compte en lançant ce projet de rapatriement de véhicules qu'il y avait d'énormes problèmes de logistique automobile en France, que le marché était en train de changer."

"On sait qu'aujourd'hui les Français achètent de plus en plus leur voiture sur Internet", précise-t-elle, "C'est actuellement 10 % des ventes et cela va continuer à augmenter. De ce fait, ils vont souhaiter se faire livrer à domicile, comme quand vous achetez un colis sur Amazon".

"Aujourd'hui, chez Hiflow, on est même meilleurs qu'Amazon parce qu'on livre toute la France en 48 heures", lance en souriant la jeune femme.

"Est-ce que ça a été difficile (de lancer votre entreprise, NDLR) parce qu'on parle beaucoup des difficultés que rencontrent les femmes entrepreneures dans un monde qui est masculin, notamment le monde de l'automobile ?", interroge Stéphane Dépinoy. 

"C'est vrai qu'on était très jeunes quand on s'est lancé, mon associé et moi, on avait 23 ans. Je suis une femme dans un secteur où il y a beaucoup plus d'hommes décideurs. Nous, ce qu'on a connu, c'est plutôt des difficultés qui sont liées à tous entrepreneurs, c'est-à-dire vendre son projet, faire en sorte qu'il corresponde à ce que le marché attend. Nous avons aussi fait évoluer notre offre pour mieux correspondre aux attentes de nos clients, mais on n'a pas reçu de remarques sexistes", répond-t-elle. 

Claire Cano-Houllier se rappelle toutefois : "En tant que jeune femme, au tout début, quand j'allais rendre visite à des clients dans des grandes entreprises, on me disait "Vous venez pour un entretien ?". Dans ce cas, il ne faut pas se laisser démonter, ce n'est pas facile comme tout entrepreneur qui démarre, qui est jeune et qui n'est pas vraiment attendu dans ce secteur assez traditionnel". 

"C'est un secteur qui est, en revanche, attendu sur la place des femme dans l'automobile, et donc qui fait énormément d'efforts, veut faire bouger les lignes. Nous avons été très vite intégrés et, au contraire, regardés avec beaucoup de respect", souligne la jeune femme. 

Lorsque la fondatrice d'Hiflow a lancé son projet, il y a sept ans, elle a été aidée par un incubateur nommée "Les Premières", un réseau de femmes qui accompagnent d'autres femmes dans la création et le développement de leurs entreprises.

"Je suis certaine qu'il faut plus de femmes à des postes de responsabilité parce qu'elles ont de vrais talents", insiste Claire Cano-Houllier. Son entreprise compte une cinquantaine de salariés, dont 70 % de femmes à des postes de managers. "On a attiré plus de CV féminins dans notre entreprise, car les femmes se disent que chez Hiflow, elles peuvent avoir des responsabilités", explique sa fondatrice. 

"Un levier très fort pour faire progresser la place des femmes dans l'entreprise, c'est d'avoir des femmes dirigeantes qui, du coup, attirent d'autres femmes qui se disent que dans cette entreprise elles auront plus d'opportunités que dans d'autres entreprises dirigées par des hommes", avance Claire Cano-Houllier.

L'interview s'est conclue sur "The Story of The Impossible" de Peter von Poehl. La chanson est tirée du film "L'Arnacoeur", sorti en 2010. 

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