Inégalités femmes-hommes : les mères de famille perçoivent un salaire de 23% inférieur à celui des pères

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Photo d'illustration. (SIGRID OLSSON / MAXPPP)

Les inégalités de salaires entre femmes et hommes se creusent après la naissance d'un enfant. Selon une étude de l'Insee, publiée mardi 19 février, une mère de famille gagne 23% de moins qu'un père.

Après la naissance d'un premier enfant, le salaire des femmes baisse. Elles gagnent 23% de salaire en moins que les pères de famille, selon une étude de l'Insee, publiée mardi 19 février, basée sur les données allant de 1995 à 2015. Les inégalités salariales se creusent de plus en plus dans le secteur privé. L'écart salarial moyen entre femmes et hommes, toujours dans le secteur privé, était de 18% en 2015. 

Des inégalités qui augmentent avec l'âge

La naissance d'un enfant est synonyme de baisse de salaire de 2 à 3% pour la mère, alors qu'elle est synonyme de hausse chez le père, jusqu'à 3%. Les jeunes mères subissent notamment déjà les écarts entre femmes et hommes avant leur premier enfant. Après les naissances, elles reçoivent encore moins de primes que les pères puisqu'elles quittent temporairement leur emploi pour s'occuper de leurs enfants, notamment après la naissance du deuxième.

Ces écarts salariaux entre les mères et les pères augmentent avec l'âge. Les mères gagnent 11% de moins que les pères à 25 ans et 25% de moins à 45 ans, alors que les femmes sans enfant gagnent 7% de moins que les hommes sans enfant à tous âges.

Une discrimination à l'embauche difficile à estimer

L'étude de l'Insee révèle aussi que les femmes, avec et sans enfant, travaillent davantage que les hommes dans des entreprises moins rémunératrices, qui versent aussi moins de primes et cela compte pour 11% des inégalités salariales. Les inégalités au sein d'une même entreprise, à compétences égales et postes égaux, sont moindres, à hauteur de 5%.

Dans les années suivant la naissance de leur enfant, les femmes vont aussi choisir un travail qui leur permette de concilier vie familiale et vie professionnelle, avec des horaires flexibles, aménageables, proches de leur domicile ou des écoles des enfants, explique l'Insee, qui précise que les discriminations des entreprises à embaucher des mères sont aussi un facteur mais que, faute de chiffres, elles sont difficiles à estimer.

Pour réaliser cette étude, l'Insee a analysé les données du panel "tous salariés" extrait des déclarations annuelles de données sociales, croisé avec l'échantillon démographique permanent, comptant les recensements et les bulletins d'état civil. Au total, 1 547 348 observations ont été réalisées sur des salariés de 16 à 65 ans du secteur privé entre 1995 et 2015.

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