Egalité salariale : à partir du 3 novembre, les Européennes travaillent gratuitement

Des femmes manifestent pour l\'égalité salariale, à Paris, le 7 novembre 2016.
Des femmes manifestent pour l'égalité salariale, à Paris, le 7 novembre 2016. (THOMAS SAMSON / AFP)

Symboliquement, c'est à partir de cette date que les femmes ne sont plus rémunérées pour leur travail, par rapport à leurs collègues masculins. Les Françaises n'ont que trois jours de plus.

Devraient-elles arrêter de travailler ? Dans l'Union européenne, les femmes gagnent 16,2% de moins que les hommes, selon les données d'Eurostat (en anglais). C'est comme si, dans un monde où l'égalité salariale existerait, les femmes n'étaient plus payées à partir du samedi 3 novembre. Pour obtenir ce chiffre, Eurostat compare les salaires horaires bruts des employées et employés dans l'industrie, la construction et les services. Les Françaises, qui touchent 15,2% de moins que les Français, selon Eurostat, bénéficient d'un petit sursis, jusqu'au mardi 6 novembre.

La lettre d'information féministe Les Glorieuses a d'ailleurs fixé à 15h35 ce jour-là, le moment à partir duquel les Françaises travailleront pour rien. L'objectif est de sensibiliser l'opinion au sujet des inégalités salariales. Les Glorieuses citent plusieurs données pour dénoncer les inégalités plus précisément. A commencer par la différence de salaire de 9% entre hommes et femmes "à travail égal, en prenant en compte les tranches d'âge, le contrat, le temps, le secteur d'activité et la taille de l'entreprise".

Trois propositions pour l'égalité

Si l'on choisit les plus récentes données de l'Insee, qui remontent à 2015, toutes catégories confondues, "les salaires des femmes sont inférieurs de 23,7 % à ceux des hommes. En d’autres termes, les hommes perçoivent 31,1% de plus que les femmes", écrit Les Glorieuses. Pour parvenir à l'égalité salariale, Les Glorieuses proposent trois mesures, dans une pétition : "un congé paternité équivalent au congé maternité", "une transparence des salaires" et "un certificat d'égalité obligatoire", comme en Islande.

Si toutes les données disponibles indiquent des inégalités de salaire entre homme et femmes, elles doivent être employées avec précaution. Il s'agit de moyennes, calculées avec des méthodes différentes, qui peuvent masquer de grandes disparités et "présentent un tableau incomplet", comme l'explique Le Monde. Le journal cite l'exemple de l'Italie, où les écarts de salaires sont plus faibles (5,5%), mais où le taux d'emploi des femmes est très nettement inférieur à celui des hommes.

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