Quatre éléments qui font relativiser l'impact de la grève dans les centrales nucléaires

Un orage au-dessus de la centrale de Civaux (Vienne), en janvier 2016.
Un orage au-dessus de la centrale de Civaux (Vienne), en janvier 2016. (XAVIER DELORME / BIOSPHOTO / AFP)

Si des coupures ponctuelles sont redoutées, il n'y a pas de risque de black-out.

Le mouvement de contestation contre la loi Travail prend de l'ampleur. Selon la CGT, les salariés des 19 centrales nucléaires françaises ont voté la grève proposée par le syndicat pour le jeudi 26 mai. Pour autant, il ne faut pas craindre un black-out généralisé. Francetv info vous donne quatre éléments pour vous rassurer.

1La production sera partiellement assurée

La CGT Energie l'admet : la grève "ne veut pas dire qu'il y aura des baisses de charge""Il y aura des baisses de charges où ce sera possible en fonction des impératifs de sécurité", précise Philippe Rancelli, le secrétaire régional CGT EDF du Centre-Val de Loire. Une éventuelle baisse de la production d'électricité dépendra donc du nombre de grévistes et de la phase de production, qui permet ou non des baisses de charge, selon les explications d'un délégué syndical de la CGT.

Marie-Claire Cailletaud, porte-parole de la fédération nationale mines-énergie (FNME-CGT), a prévenu sur BFMTV qu'il sera possible de réaliser "des coupures ciblées". D'autant que trois centrales thermiques sont déjà à l'arrêt : à Cordemais (Loire-Atlantique), à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et à Porcheville (Yvelynes). Mais s'il est possible de craindre des perturbations, il n'y a pas de risque de black-out.

2Une centrale ne s'arrête pas en claquant des doigts

L'arrêt d'une centrale nécessite une procédure longue et complexe. Cela se produit tous les 12 à 18 mois pour les opérations de maintenance. Il n'est donc pas question d'effectuer cette démarche dans le cadre d'une grève, comme le confirme Marie-Claire Cailletaud : "Aucune centrale n'est mise à l'arrêt, on s'en prend à l'économie, pas à la sûreté." Pas d'arrêt, mais la production du réacteur peut baisser de manière assez conséquente.

3Le taux de grévistes devrait rester modeste

La fédération nationale mines-énergie, première force syndicale du secteur, a appelé à un mouvement "le plus fort possible" dans le secteur. Pour autant, les taux de grévistes chez EDF pour les dernières journées de mobilisation vont de 2% à 17%, selon les chiffres fournis par l'entreprise, le plus fort taux ayant été enregistré le 31 mars.

Des chiffres supérieurs de participation ont été enregistrés lors de journées d'action propres à EDF, notamment le 21 janvier (21,12%) pour protester contre des suppressions d'emplois. Selon la CGT, ce jour-là, la grève avait entraîné des tensions sur le réseau, avec une baisse de charge de "12 000 MW" dans la nuit, soit environ 20% de la production d'électricité nucléaire (9% de la production totale française).

4EDF peut réquisitionner des grévistes

Enfin, EDF a la possibilité de réquisitionner des salariés grévistes dans le secteur du nucléaire. Les dirigeants de l'entreprise peuvent limiter le droit de grève dans les centrales nucléaires afin d'éviter l'interruption de l'approvisionnement du pays en électricité. EDF l'avait fait au moment du mouvement de grève en 2009, une initiative validée par la suite par le Conseil d'Etat.