Motion de censure : Cambadélis saisit la Haute Autorité éthique du PS sur les députés signataires

Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, donne une conférence de presse après une réunion du bureau national du parti, le 7 mars 2016.
Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, donne une conférence de presse après une réunion du bureau national du parti, le 7 mars 2016. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

Le premier secrétaire du PS a décidé de saisir cet organe indépendant de la direction du parti au sujet des 24 députés PS signataires de la motion de censure de gauche avortée contre le gouvernement.

Le règlement de comptes a commencé au PS. Le premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, a saisi, jeudi 12 mai, la Haute Autorité éthique du parti "sur le cas des 24 députés socialistes qui ont proposé de renverser leur gouvernement via une motion de censure", indique la déclaration transmise par la porte-parole du PS. 

Il s'agira, pour cet organe indépendant de la direction, de "statuer" sur ce cas de figure sans précédent. En clair, sur la "possibilité de sanctions et jusqu'où elles peuvent aller", explique un responsable PS. Ce dernier ne précise pas quand pourrait se réunir la Haute Autorité éthique, mais elle le fera "assez rapidement", indique-t-il toutefois, rappelant que le prochain bureau national du PS, son instance dirigeante, se tiendra le 23 mai. Cette même source ne précise pas non plus le type de sanctions qui pourraient être prises.

Les ex-ministres Filippetti et Hamon parmi les signataires

Des députés socialistes frondeurs ont échoué de peu, mercredi, à déposer une motion de censure avec des élus écologistes et Front de gauche, opposés au projet de loi Travail. Ce projet de motion "des gauches et des écologistes" a recueilli 56 signatures sur les 58 requises. Parmi les signataires socialistes de cette motion figurent notamment Aurélie Filippetti et Benoît Hamon, respectivement anciens ministres de la Culture et de l'Éducation. Y figurent également les députés socialistes Laurent Baumel et Christian Paul, deux porte-voix des frondeurs du PS très critiques sur le projet de loi.

"Je ne laisserai pas détruire la gauche de gouvernement"

Au sein de l'aile droite du PS, des voix se sont fait entendre pour inciter les frondeurs à la "cohérence". "Qu'ils rejoignent Jean-Luc Mélenchon", leur a lancé sur LCP le député Philippe Doucet. Sans aller jusque-là, le secrétaire d'Etat Jean-Marie Le Guen a souhaité que la situation soit "clarifiée", et a invité "ceux qui sont en responsabilité" au PS et dans le groupe socialiste à l'Assemblée à "voir ce qu'il convient de faire".

De son côté, dans l'hémicycle, Manuel Valls a mis en garde les frondeurs : "Je prends cette tentative [de motion de censure] pour ce qu'elle est, a-t-il dit. Elle est grave, même si elle a échoué. Mais leurs signataires sont dans une impasse (...). Je ne laisserai pas détruire la gauche de gouvernement, la social-démocratie française."

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