Mobilisation contre la loi Travail : une semaine agitée dans les transports à l'approche de l'Euro

Des usagers de la SCNF attendent dans le hall de la gare Montparnasse à Paris, le 29 mai 2016.
Des usagers de la SCNF attendent dans le hall de la gare Montparnasse à Paris, le 29 mai 2016. (MATTHIEU ALEXANDRE / AFP)

De nombreux appels à la grève, reconductibles cette fois, ont été lancés dans le secteur des transports. Les syndicats mêlent revendications internes et opposition à la réforme du Code du travail.

Le gouvernement français n'en a pas terminé avec la contestation de la loi Travail : après les blocages de dépôts de carburants et de raffineries et alors que l'Euro de football approche, le secteur des transports s'apprête à vivre une nouvelle semaine agitée avec des appels à la grève, reconductibles, lancés pour des motifs mêlant revendications internes et opposition à la réforme du Code du travail. Les opposants au texte ne baissent pas les bras, l'intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef, Fidl, UNL) ayant appelé "à amplifier les mobilisations" avant la journée nationale d'action le 14 juin. Tour d'horizon des différents fronts.  

Du mieux pour les carburants

La situation s'est améliorée sur le front des carburants, avec le déblocage de la quasi-totalité des dépôts pétroliers, mais des perturbations persistent. "Il y aura de l'essence" lundi 30 juin dans les stations, a assuré dimanche le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll. Six des huit raffineries françaises sont toujours à l'arrêt ou au ralenti. La grève a été reconduite aux terminaux pétroliers de Marseille et du Havre, qui alimentent Orly et Roissy en kérosène. Le gouvernement a néanmoins imposé un service minimum.

La grève commence mardi à la SNCF

A la SNCF, où de délicates négociations sur le temps de travail des cheminots entrent dans leur phase finale, les quatre syndicats représentatifs (CGT, Unsa, Sud Rail, CFDT) ont déposé des préavis de grève reconductibles à partir de mardi soir. Aux motifs internes, la CGT-Cheminots, premier syndicat, et Sud Rail ont ajouté l'opposition à la loi Travail.

Les syndicats espèrent peser sur les négociations qui doivent se poursuivre jusqu'au 6 juin, à quelques jours du coup d'envoi, le vendredi 10, de l'Euro, dont la SNCF est le transporteur officiel. "On ne va pas empêcher les gens d'aller voir les matchs mais il faut que le gouvernement aussi veuille discuter", a lancé Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT

L'Unsa, deuxième syndicat à la SNCF, juge pour l'heure les propositions de la direction "insuffisantes" et maintient en l'état son préavis. Comme la CFDT, elle prendra sa décision lundi. Pour la SNCF, cette menace de grève dure vient s'ajouter à une fin de semaine difficile, avec deux pannes successives qui ont bloqué des milliers de passagers vendredi et dimanche.

A la RATP, les perturbations débutent jeudi

Pour les Franciliens, des difficultés sont aussi à prévoir à partir de jeudi à la RATP, avec un appel à la grève "illimitée" de la CGT. Le premier syndicat de la régie demande la réouverture des négociations salariales annuelles et le retrait du projet de loi El Khomri. Sud-RATP, troisième force syndicale, a déjà appelé à une grève illimitée à compter du lancement de l'Euro "contre la loi Travail et la remise en cause du statut RATP".

Les trafics aériens et portuaires touchés en fin de semaine

Le trafic aérien pourrait aussi connaître des perturbations en raison d'une grève à la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) prévue du vendredi 3 au dimanche 5 juin, pour des revendications purement internes. Enfin, dans les ports et les docks, la CGT appelle à un arrêt de travail de 24 heures jeudi 2 contre la loi El Khomri.