Loi Travail : quatre scénarios de sortie de crise pour François Hollande

François Hollande à son arrivée à l\'aéroport de Tokoname au Japon, le 25 mai 2016.
François Hollande à son arrivée à l'aéroport de Tokoname au Japon, le 25 mai 2016. (ANADOLU AGENCY / AFP)

Le président de la République cherche une solution pour apaiser la crise sociale qui déchire le pays.

Raffineries bloquées, centrales nucléaires en grève, débordements dans les manifestations... Le mouvement de contestation face à la loi Travail a pris de l'ampleur cette semaine sous l'impulsion de la CGT. Les opposants à la réforme se disent déterminés au huitième jour de mobilisation, jeudi 26 mai.

>> Manifestations, blocages, réactions... Suivez notre direct sur la loi Travail

Officiellement, pas question de s'attaquer au cœur de la loi Travail. "On ne touchera pas à l'article 2", symbole de ce texte, a encore affirmé Manuel Valls, jeudi matin, sur RMC. Mais en coulisses, l'Elysée préparerait une sortie de crise afin d'éloigner le risque d'une paralysie totale du pays, indique Le Parisien. Voici les différentes options qui sont sur le bureau de François Hollande.

1Un retrait du texte : peu probable

Principale revendication des manifestants, un retrait du texte permettrait d'apaiser la situation. Opposants à la loi Travail et frondeurs socialistes seraient aux anges. Ce serait la fin du conflit social en cours et le gouvernement pourrait retourner à la table des négociations pour envisager une autre réforme.

Reste que donner raison à la CGT enverrait un très mauvais signal politique à un an de la présidentielle. Le conflit social a pris la forme d'un bras de fer entre l'exécutif et l'organisation syndicale. Un retrait du texte serait considéré comme un terrible aveu de faiblesse de la part de François Hollande dans sa capacité à réformer. C'est la raison pour laquelle l'exécutif ne cesse de répéter qu'il ira au bout de cette réforme. Les opposants peuvent toujours se dire que François Hollande tenait le même discours au sujet de la déchéance de nationalité.

2Un changement de Premier ministre : peu crédible

Un changement de chef du gouvernement, accompagné ou non d'un retrait du texte, diminuerait la pression sur l'exécutif en offrant un bouc-émissaire aux contestataires. Finalement, l'escalade des tensions sociales ne serait-elle pas instrumentalisée par François Hollande ? C'est l'hypothèse formulée par un vieil ami du président dans Le Parisien, qui imagine une nomination d'Emmanuel Macron à Matignon : "Il voit bien que Valls s'enfonce dans les sondages et que Macron est populaire."

Comme ça, il se débarrasse de Macron et de Valls à la fois et dégage le terrain pour sa candidature [à la présidentielle] !Visiteur du soir à l'ElyséeLe Parisien

La piste apparaît peu crédible à un an du scrutin. Le nouveau pensionnaire de Matignon ne pourrait qu'accompagner la fin du quinquennat, sans avoir beaucoup de marge pour lancer de nouvelles réformes. Un collaborateur du président confirme d'ailleurs dans Le Parisien que François Hollande "n'est pas du tout dans l'hypothèse de changer de Premier ministre"

3Un référendum sur la loi Travail : impossible

C'est la proposition d'Arnaud Montebourg, lancée mercredi sur BFMTV. "Je trouve que c'est une bonne recommandation. Quand il y a un blocage, et bien la démocratie parle, et pas la violence, c'est toujours mieux", a expliqué l'ancien ministre de l'Economie.

Si Arnaud Montebourg milite pour cette idée, c'est aussi parce qu'il sait que l'opinion publique pourrait donner raison aux opposants au texte. Selon un sondage Elabe pour BFMTV, sept Français sur dix veulent le retrait de la loi Travail pour éviter les blocages. Le scénario d'un référendum semble donc plus qu'improbable, dans la mesure où François Hollande ne peut pas prendre le risque d'un refus des Français sur un sujet si sensible.

4Une modification de la loi Travail : plausible

Il s'agirait d'apporter de nouvelles corrections, à la marge, à la loi El Khomri pour apaiser la colère des contestataires. Selon Le Parisien, l'exécutif aurait acté la possibilité de faire une retouche de l'article 2, même si Manuel Valls maintient que cette option est écartée.

Tour à tour, Bruno Le Roux, chef de file des députés socialistes, tout comme le ministre du Travail, Michel Sapin, ont fait comprendre que l'hypothèse d'une modification était sur la table. Il s'agirait de sorties calculées et validées par l'Elysée. "Bruno Le Roux n'a pas fait une sortie solitaire. Et cela n'a surpris personne. C'est le deuxième acte de la pièce. Retoucher l'article 2 permettrait d'éviter un deuxième 49.3 ou de montrer la mauvaise foi de certains", explique dans Le Parisien un responsable de la majorité. 

Vous êtes à nouveau en ligne