Loi Travail : une nouvelle journée de mobilisation marquée par une coupure de courant et des affrontements

Des manifestants défilent contre la loi El Khomri, le 2 juin 2016, à Nantes.
Des manifestants défilent contre la loi El Khomri, le 2 juin 2016, à Nantes. (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

A Rennes et Nantes, mais aussi dans l'Isère, des manifestants ont mené des actions parfois spectaculaires.

La journée a commencé par de nombreux blocages et des barrages filtrants, jeudi 2 juin : à la centrale de Flamanville (Manche), la gare de Lorient (Morbihan), sur les chantiers navals STX de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), dans une usine Renault près de Rouen (Seine-Maritime)... Plusieurs manifestations contre la réforme du Code du travail ont ensuite été marquées par des tensions. A Rennes, une charge policière, menée à l'aide notamment de véhicules de police, a fait plusieurs blessés qui ont dû être pris en charge par les pompiers.

Une charge policière fait plusieurs blessés à Rennes

Environ 300 manifestants ont essayé d'investir la nationale 12, sur une portion permettant d'accéder à la rocade de Rennes. C'est à ce moment qu'une charge a eu lieu, peu avant 15 heures. Environ cinq camionnettes de la police ont roulé en direction des manifestants pour les disperser, rapporte l'AFP. Ouest-France a filmé la scène.

Un policier asperge des manifestants contre la loi Travail de gaz lacrymogène, le 2 juin 2016, à Rennes.
Un policier asperge des manifestants contre la loi Travail de gaz lacrymogène, le 2 juin 2016, à Rennes. (DAMIEN MEYER / AFP)

Cette charge a fait plusieurs blessés. Cinq manifestants ont été reçus aux urgences pour des coups de matraque. L'un d'eux doit rester en observation pour la nuit. Bousculé lors de la charge de la police, il a expliqué à l'AFP s'être blessé à l'œil en tombant dans un fossé.

Plusieurs journalistes ont aussi reçu des coups. "Je me suis pris un coup de matraque sur la tête. Heureusement que j'avais un casque, sinon je serais à l'hôpital. Sur mon casque, il est bien écrit 'Presse', donc ce coup était tout à fait délibéré", a témoigné Vincent Feuray, photographe indépendant.

Un reporter de France 3 Bretagne a filmé une altercation entre des journalistes et des policiers.

L'entreprise de Pierre Gattaz bloquée en Isère

Des manifestants ont bloqué l'entrée de l'usine Radiall à Voreppe (Isère), propriété du patron du Medef, Pierre Gattaz, pendant quelques heures, jeudi matin. Le blocage de l'usine a été organisé "pour marquer le coup face aux propos injurieux du président du Medef à l'égard de la mobilisation sociale", a déclaré à l'AFP un membre de Solidaires. Pierre Gattaz avait déclaré que les syndicats se comportaient "comme des voyous, des terroristes", avant de revenir sur ses propos.

A Voreppe (Isère), des manifestants bloquent l\'accès à la société Radiall, qui appartient à Pierre Gattaz, le 2 juin 2016.
A Voreppe (Isère), des manifestants bloquent l'accès à la société Radiall, qui appartient à Pierre Gattaz, le 2 juin 2016. (MAXPPP)

Un peu plus au sud, la CGT-Energie du Var a emporté le compteur électrique de la propriété de Pierre Gattaz à Saint-Raphaël (Var). "Le cirque médiatique qui se déroule autour du patron du Medef depuis quelques jours ne nous amuse pas (...). Ras-le-bol que notre dignité soit réduite à des chiffres dans les comptes de Monsieur Gattaz !", dénonce un communiqué intersyndical.

Des militants de la CGT brandissent ce qui est présenté comme le compteur électrique de la résidence varoise de Pierre Gattaz, le 2 juin 2016.
Des militants de la CGT brandissent ce qui est présenté comme le compteur électrique de la résidence varoise de Pierre Gattaz, le 2 juin 2016. (MAXPPP)

Nouveaux heurts à Nantes

Des heurts ont opposé manifestants et forces de l'ordre en marge de la manifestation organisée à Nantes. Peu après 13 heures, plusieurs centaines de jeunes ont décidé de poursuivre leur défilé dans les rues, après la fin de la manifestation syndicale entamée vers 11 heures.

Des manifestants ont jeté des projectiles, dont des pavés et des bouteilles, en direction des forces de l'ordre, qui ont répliqué par de nombreux tirs de gaz lacrymogènes, alors que la manifestation se trouvait en centre-ville. Un passant a fait un malaise et a été évacué par des forces de l'ordre. Le cortège s'est ensuite scindé en plusieurs groupes.

Après une nouvelle charge des forces de l'ordre, un manifestant a été blessé à l'arcade sourcilière par un projectile et a été évacué, la tête en sang, par des équipes médicales du cortège. Il souffre d'une plaie au front et a été pris en charge par les pompiers. Au moins une personne a été interpellée, selon la police.

Un manifestant blessé par une grenade lacrymogène reçoit des soins, à Nantes (Loire-Atlantique), le 2 juin 2016.
Un manifestant blessé par une grenade lacrymogène reçoit des soins, à Nantes (Loire-Atlantique), le 2 juin 2016. (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

Coupure d'électricité géante en Loire-Atlantique

Une coupure d'électricité géante, qui a débuté peu après 11 heures, a privé de courant pendant une heure et demie environ 120 000 foyers à Saint-Nazaire, à Donges, mais aussi à Guérande, selon la préfecture de Loire-Atlantique. La panne de courant est due à une action de protestation contre la loi Travail, dans un poste à haute tension, selon RTE, gestionnaire du réseau national à haute tension.

Trains bloqués à la gare de Lyon, à Paris

Une action de manifestants liée à la grève à la SNCF a temporairement empêché tout départ de train de la gare de Lyon à Paris, à la mi-journée. Des manifestants "ont envahi le poste d'aiguillage (...) vers midi" et, par conséquent, "aucun train ne part de gare de Lyon", a précisé la SNCF. Le blocage a duré environ une heure.

En début de soirée, des manifestants y ont également attendu l'arrivée d'Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, en déplacement près de Lyon, dans la journée, où il avait déjà été accueilli par au moins 1 300 personnes.