Loi Travail : le bras de fer entre gouvernement et syndicats autour de la manifestation de jeudi en cinq actes

A Paris, un million de manifestants selon la CGT, 75 000 selon la police, manifestent le 14 juin 2016 de la place d\'Italie aux Invalides.
A Paris, un million de manifestants selon la CGT, 75 000 selon la police, manifestent le 14 juin 2016 de la place d'Italie aux Invalides. (ALEXANDRE RESENDE / HANS LUCAS / AFP)

L'exécutif réclame un "rassemblement statique", mais les sept organisations syndicales maintiennent la manifestation contre le projet de loi El Khomri, actuellement examiné au Sénat.

La manifestation contre la loi Travail prévue jeudi 23 juin aura-t-elle lieu ? L'événement est au cœur d'un bras de fer entre le gouvernement et les syndicats. Invoquant les violences et dégâts occasionnés par les "casseurs" en marge de la manifestation du 14 juin, le Premier ministre, Manuel Valls, a demandé dimanche aux syndicats d'annuler leur prochain défilé. 

Lundi 20 juin, la préfecture de police a franchi un pas de plus en prônant un "rassemblement statique", puis en menaçant d'interdire la manifestation si les syndicats maintenaient leur demande. Mardi, les syndicats ont annoncé maintenir le défilé. Vous n'arrivez plus à suivre ? Francetv info revient sur cette polémique en cinq étapes. 

Acte 1. Manuel Valls demande aux syndicats d'annuler leur manifestation de jeudi

Dans une interview au Journal du dimanche publiée le 19 juin, Manuel Valls estime que "les syndicats devraient annuler les rassemblements". Le Premier ministre répète alors ce qu'il avait déjà demandé mercredi à la CGT : "ne plus organiser ce type de manifestations sur Paris. Au cas par cas, car on ne peut pas prononcer une interdiction générale, nous prendrons nos responsabilités." Le message est ainsi envoyé aux sept organisations qui ont annoncé une nouvelle manifestation le 23 juin. 

A l'appui de sa demande d'annulation, le chef du gouvernement brandit les débordements et violences qui ont marqué le défilé du 14 juin, notamment les vitres brisées de l'hôpital Necker, dans le 15e arrondissement. Il mentionne aussi le contexte terroriste et la tenue de l'Euro. Il n'exclut pas d'interdire la manifestation s'il n'est pas entendu. 


Loi El Khomri : Manuel Valls veut annuler la prochaine manifestation

Acte 2. La préfecture de police réclame un "rassemblement statique"

Lundi 20 juin, la volonté de l'exécutif se traduit en actes. La préfecture de police de Paris annonce qu'elle demande "un rassemblement statique en lieu et place de l'itinéraire déclaré" par les syndicats pour le défilé du 23 juin. "Les organisateurs viennent d'en être avisés", indique la préfecture. La CGT avait pourtant déposé un trajet plus court que celui du 14 juin. 


Manifestation du 23 juin : la préfecture demande un rassemblement statique

Les syndicats maintiennent néanmoins leur demande de défiler. "Nous venons de faire savoir à la préfecture que nous maintenons notre demande de manifestation entre Bastille et Nation", à partir de 14 heures, , le secrétaire général de la CGT Ile-de-France. "Tant que ce n'est pas interdit, c'est autorisé", renchérit Benoît Clément, de Solidaires Paris. 

Acte 3. Bernard Cazeneuve écrit à Philippe Martinez

Toujours lundi, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, envoie une lettre au secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, pour appuyer la demande de la préfecture. Il y affirme que les services d'ordre des organisateurs "ont été régulièrement débordés et n'ont pas été en mesure de maintenir les éléments violents à l'extérieur des cortèges" depuis le début de la mobilisation.

"L'action des forces de l'ordre s'en est trouvée systématiquement ralentie ou gênée", ajoute-t-il. Il estime que "dans ce contexte de tension et de heurts récurrents (...), le renouvellement à l'identique d'une manifestation itinérante le 23 juin n'apparaît pas envisageable." En conclusion, le ministre demande à Philippe Martinez de "prendre en considération" la proposition d'un rassemblement statique place de la Nation, qui "apparaît comme la seule voie responsable de l'expression des revendications".

Acte 4. La préfecture de police se dit prête à interdire la manifestation

Dernière sommation ? Lundi en fin d'après-midi, la préfecture de police de Paris appelle les syndicats à "trouver un accord sur un rassemblement statique" jeudi. Faute de quoi elle interdira la manifestation. "Les organisateurs sont invités par le préfet de police à poursuivre leurs discussions", explique la préfecture de police. "A défaut d'accord, la préfecture de police avise, dans un courrier, les organisateurs qu'elle sera dans l'obligation d'interdire par arrêté la tenue de la manifestation sur l'itinéraire déclaré."

Acte 5. Les syndicats maintiennent leur défilé

Mardi 21 juin, les syndicats refusent "catégoriquement" un rassemblement statique pour protester contre la loi Travail, jeudi 23 juin à Paris. Ils maintiennent donc leur défilé entre Bastille et Nation. Le trajet  a été volontairement raccourci pour "tenir compte", assurent les syndicats, des conditions de sécurité.

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