La CGT à Hollande : "Il faut savoir arrêter une grève... quand on a obtenu satisfaction"

Un drapeau de la CGT agité dans une manifestation contre la loi Travail, à Marseille, le 7 juin 2016. 
Un drapeau de la CGT agité dans une manifestation contre la loi Travail, à Marseille, le 7 juin 2016.  (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Dans une interview à "La Voix du Nord", François Hollande a cité Maurice Thorez pour appeler à la fin du mouvement social contre la loi Travail. Sauf que le chef de l'Etat a omis une partie de la formule du communiste.

La CGT estime, mardi 7 juin, qu'il faut "savoir arrêter une grève... quand on a obtenu satisfaction", après que le président de la République a emprunté au communiste Maurice Thorez la première partie de la citation appelant à cesser les mouvements sociaux"La CGT est d'accord avec François Hollande, à une nuance près : 'Il faut savoir arrêter une grève... quand on a obtenu satisfaction'", écrit le premier syndicat de France dans un communiqué, en fustigeant "la stratégie de radicalisation et de refus du dialogue du gouvernement et du patronat".

"Il y a un moment où, selon une formule célèbre, il faut savoir arrêter une grève", a déclaré le chef de l'Etat dans une interview à la Voix du Nord mardi. Mais François Hollande a laissé de côté la fin de la citation. En juin 1936, Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, avait en effet lancé, après la signature des accords de Matignon : "Il faut savoir arrêter une grève dès que satisfaction a été obtenue." Les grévistes avaient notamment obtenu la semaine de 40 heures et 15 jours de congés payés.

Amplifier le mouvement "sous toutes ses formes"

Mais pour la CGT aujourd'hui, "après plus de trois mois de lutte, la mobilisation continue contre la loi Travail" et le syndicat invite les salariés à l'amplifier "sous toutes ses formes" pour obtenir le retrait du projet de loi de Myriam El Khomri. "Pour permettre à la France d'organiser un bel Euro, la CGT réitère l'appel adressé par l'intersyndicale par courrier au président de la République, le 20 mai : il y a urgence à ce que les organisations soient entendues et reçues sur leurs revendications et exigences !" 

Le premier syndicat français liste les grèves dans "de nombreux secteurs" : raffineries, cheminots, énergie, traitement des ordures... La mobilisation "s'ancre et s'élargit dans le privé avec des modalités d'actions diverses", poursuit la confédération, évoquant des grèves reconductibles dans l'agroalimentaire (Nestlé, Haribo), métaux (Peugeot) ou le commerce (Intermarché, Leclerc).