Concilier travail et aide à un parent malade

En France, environ deux millions de personnes, en majorité des femmes, aident un proche malade, handicapé ou dépendant. Parmi eux, 60% doivent concilier leur rôle d'aidant familial avec une activité salariée.

Pour de nombreux salariés, concilier vie professionnelle et vie de famille n'est pas une équation facile. Mais lorsque vient s'ajouter la prise en charge d'un parent malade ou vieillissant, le quotidien se complique davantage.Selon l'Union nationale des associations familiales (UNAF), "on peut estimer qu'au moins deux millions de personnes en France sont l'aidant principal d'une personne proche ayant besoin d'aide."

Une grande majorité de femmes délaissent leur travail pour aider un parent malade

Conjointes, filles ou belles-filles, les aidants familiaux qui accompagnent un parent âgé devenu dépendant sont dans 77% des cas des femmes et 60% des aidants ont une activité salariée.C'est le cas d'Elisabeth, 51 ans, infirmière, dont la vie personnelle et professionnelle a été bouleversée depuis l'annonce de la maladie d'Alzheimer de sa mère. "Mes enfants arrivaient à peine à l'âge où ils sont plus autonomes, lorsque je me suis retrouvée avec de nouvelles charges familiales. Bien entendu, je considère que c'est mon rôle d'assister ma mère, mais cette maladie engendre un stress continu chez l'entourage familial et dévore mon quotidien. Je dois à présent gérer mes jours de congés, mes RTT en fonction des besoins de ma mère. Par ailleurs, à la fin de mes journées de travail, je me rends à son domicile pour prendre soin d'elle. Avec l'évolution de la maladie, je sais que cette charge deviendra de plus en plus lourde à porter et aura des incidences sur mon travail", explique-t-elle.

Le congé de soutien familial pour s'occuper d'un parent malade

Longtemps oubliées, les difficultés rencontrées par les aidants familiaux ont fait l'objet d'une réflexion au cours de la Conférence de la famille 2006. "Les personnes qui souhaitent se consacrer à un parent dépendant, le temps de lui choisir une place en établissement, ou qui sont obligées de cesser leur activité pour s'en occuper, sont souvent contraintes d'abandonner leur activité professionnelle sans perspective de retour à l'emploi, à l'issue de la période passée auprès de la personne aidée", soulignait la Conférence de la famille 2006.Face à ce constat, la création d'un congé de soutien familial de trois mois, renouvelable dans la limite d'un an, a été décidée. Une nouveauté dans le droit du travail ! Mis en oeuvre depuis le 1er janvier 2007, ce nouveau congé permet au salarié, justifiant d'une ancienneté minimale de deux ans, de suspendre son activité pour s'occuper d'un proche, handicapé ou présentant un niveau élevé de perte d'autonomie. L'employeur ne peut refuser ce congé, mais ce dernier ne touche plus son salaire. Le salarié peut toutefois être rémunéré en qualité d'aidant familial par la personne assistée qui perçoit à ce titre la Prestation de compensation du handicap (PCH) ou l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA). Les droits à la couverture maladie et retraites sont maintenus pendant la durée du congé.

Accompagner un proche en fin de vie, un autre congé pour s'occuper d'un parent malade

Les salariés qui doivent s'absenter pour assister un parent souffrant d'une pathologie mettant en jeu le pronostic vital, peuvent recourir au congé de solidarité familiale. Jusqu'à présent, ce congé n'était ni rémunéré, ni indemnisé. Depuis la loi du 2 mars 2010, toute personne qui interrompt son activité professionnelle pour accompagner, à domicile, un proche en "phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable" percevra une allocation spécifique. Son montant est fixé à 53,17 euros par jour si le congé est total, et 26,58 euros si le congé est à temps partiel, sur une période ne pouvant excéder trois semaines.Rendez-vous sur le site du Ministère du Travail pour en savoir plus sur les modalités de l'allocation journalière d'accompagnement d'une personne en fin de vie.

En savoir plus :

  • Le guide de l'aidant familial (format Pdf) : publié fin avril 2007 par le Ministère de la famille et de l'enfance, ce guide réunit toutes les informations pratiques et les conseils utiles sur les droits de l'aidant et de son proche dépendant.
  • L'Association française des aidants familiaux : cette association écoute, conseille et oriente les aidants familiaux souvent confrontés à l'épuisement ou au surmenage. Parmi les services proposés, une permanence téléphonique nationale et des rencontres au cours des "cafés des aidants" dans toute la France.
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