Combien de vos collègues ont déjà été harcelées sexuellement ? Des féministes lancent une appli pour dénoncer ce fléau

Une femme sur cinq a déjà subi du harcèlement sexuel au travail, selon une enquête du Défenseur des droits menée en 2014.
Une femme sur cinq a déjà subi du harcèlement sexuel au travail, selon une enquête du Défenseur des droits menée en 2014. (MAXPPP)

La féministe Caroline de Haas et le militant de gauche Elliot Lepers lancent vendredi une campagne afin de sensibiliser les entreprises à ce sujet. 

"Rendre visible les violences sexuelles qui ont lieu au travail." C'est l'objectif de la militante féministe Caroline de Haas et du web-activiste Elliot Lepers. Tous deux lancent, vendredi 25 novembre, à l'occasion de la journée mondiale contre les violences faites aux femmes, une campagne intitulée "Stop HS" (pour harcèlement sexuel), déclinée sur un site et sur les réseaux sociaux. 

Une femme sur cinq en a déjà été victime

Ce délit consiste à imposer de manière répétée à une personne des gestes ou des propos à connotation sexuelle, ou à exercer une pression (même non répétée) visant à obtenir un acte sexuel. Les auteurs encourent deux ans de prison et 30 000 euros d'amende. "Comme l'a montré une enquête du Défenseur des droits [publiée en 2014], une femme sur cinq a déjà subi du harcèlement au travail, dénonce auprès de franceinfo l'ancienne porte-parole d'Osez le féminisme. Dans l'immense majorité des entreprises et administrations, le silence est total, le sujet est complètement tabou."

C'est massif, ce ne sont pas des faits divers isolés, c'est un fait social et politique.Caroline de Haasà franceinfo

Caroline de Haas pointe également les conséquences du harcèlement sexuel : "Vous bossez moins bien et votre entourage familial, social et professionnel en pâtit." C'est donc la société tout entière qui est touchée, avec "une perte de productivité", selon la militante. 

Evaluez l'ampleur du fléau dans votre entreprise

Concrètement, les internautes sont invités à renseigner sur le site de la campagne le nombre de salariés de leur entreprise et le pourcentage de femmes qui y travaillent. Le site va alors estimer le nombre de leurs collègues ayant probablement subi du harcèlement sexuel au travail, en se fondant sur l'enquête du Défenseur des droits de 2014. Les internautes pourront ensuite partager l'information sur les réseaux sociaux, interpeller les 50 plus grands employeurs de France – privés et publics – et faire un don aux associations qui accompagnent les femmes. 

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