4 Vérités - Arthaud (LO) : la loi Travail "reste une démolition du Code du travail"

France 2

Nathalie Arthaud est l'invitée de Roland Sicard sur le plateau des 4 Vérités de France 2 ce mercredi 16 mars.

"Ce n'est pas parce qu'on est minoritaire qu'on doit se taire", estime Nathalie Arthaud, porte-parole du parti Lutte ouvrière, candidate à la présidentielle de 2017. "J'observe le FN, le PS et les Républicains qui font des gros scores mais que font-ils pour faire reculer le chômage ? Rien. Je continuerai de faire entendre le camp des travailleurs, car ces grands partis raisonnent toujours du point de vue du patronat", lance-t-elle dans les 4 Vérités ce mercredi matin.

Le FN n'est "sûrement pas" devenu le parti des travailleurs, assure-t-elle. Lutte ouvrière a recueilli moins de 1% des voix à la présidentielle de 2012 parce que "nous nous adressons aux travailleurs conscients et combatifs". Et d'expliquer : "Leur état d'esprit connaît des hauts et des bas, surtout quand les partis au pouvoir prêchent la résignation. Mais nous pensons que cet état d'esprit peut changer très vite, qu'il peut y avoir des réactions comme cette opposition au projet de loi El Khomri. Il faut que les travailleurs se lèvent pour manifester pour leurs intérêts, leurs emplois, leurs salaires, leur retraite".

Une loi à mettre "à la poubelle"

Pour la présidentielle, Nathalie Arthaud n'a pas fait alliance avec Jean-Luc Mélenchon et/ou le PC, car ceux-ci "cherchent le moyen de ressusciter une gauche gouvernementale. Nous, nous pensons qu'il faut reconstruire un parti ouvrier qui ne parle pas au nom de l'intérêt général parce qu'au bout du compte c'est toujours l'intérêt des grands capitalistes comme Bolloré, Bettencourt, Mulliez... "

Malgré les modifications de la loi Travail, "ce texte reste une démolition du Code du travail : c'est plus de flexibilité, c'est la possibilité de travailler douze heures par jour et jusqu'à soixante heures par semaine, et surtout c'est la possibilité pour tous les patrons de déroger au Code du travail, et ça, c'est la porte ouverte au chantage patronal". Néanmoins, selon la professeure agrégée d'économie, ce "tout petit recul du gouvernement est la preuve que les mobilisations peuvent peser. J'espère que les 17, 24 et 31 mars, il y aura beaucoup de monde dans la rue pour dire qu'il faut mettre ce projet de loi à la poubelle".

Pour finir, Nathalie Arthaud certifie que la "flexibilité il y en a. Vous pouvez embaucher quelqu'un pour 4 heures ou un jour seulement". "La flexibilité pour les salariés, c'est la précarité, vitupère-t-elle. Mais l'estomac de nos enfants ou le loyer qu'on doit payer ne sont pas flexibles".

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