Etat des lieux de la vente sur les marchés

Bouchers, boulangers, fleuristes... Plus de 80 000 commerçants non sédentaires travaillent toute l'année sur des foires et des marchés. Quelle est la réalité de cette activité, comment se lancer ? Infos et témoignage.

Vente sur les marchés : l'alimentation en tête.

Ces commerçants réalisent chaque année un chiffre d'affaires de 3,96 milliards d'euros hors taxes (source : Ministère du Travail). L'alimentation représente plus de 60 % (2,44 milliards d'euros) des ventes totales réalisées, les fruits et légumes arrivant en tête avec 20 % du secteur (source : INSEE).

6 000 communes concernées par la vente sur les marchés

Environ une commune française sur six possède au moins un marché. Qu'ils soient couverts, découverts ou spécialisés, ils se tiennent en grande majorité une fois par semaine. Quelques villes font exception. Lille par exemple compte neuf marchés hebdomadaires et Paris, 89 : 71 traditionnels et 18 spécialisés. Rien que sur l'Ile-de-France, on en dénombre 700 au total (source : CCIP). L'activité du commerce non sédentaire est réglementée par la loi du 3 janvier 1969. Plus des deux tiers d'entre elles n'emploient officiellement aucun salarié. Lorsqu'elles en ont, la moitié occupent des emplois à temps partiel, dont les deux tiers réalisent au plus un mi-temps (source Fnscmf).

Qui sont les travailleurs du marché ?

Vendeur sur les marchés, c'est un vrai métier avec ses règles et ses codes. La plupart des commerçants ambulants sont "abonnés". Leur place est réservée, contrairement aux "volants" qui changent perpétuellement de lieux de vente et se partagent les emplacements vacants. Ceux-ci présentent un double intérêt pour la ville : elle peut ainsi remplir les places vides et s'assurer de nouvelles recettes en faisant payer une deuxième fois une place déjà acquittée par un abonné absent.

Emploi : le placier est le "patron" du marché.

Le placier a un métier clé dans la vente sur les marchés. Il attribue les emplacements, règle les conflits, encaisse les taxes et collecte les droits. Fonctionnaire municipal ou employé d'une entreprise privée, un marché regroupant une trentaine de commerçants lui rapporte en moyenne 100 000 euros par an, dont il reverse jusqu'à 4 600 euros à la ville (source : Direction Générale de la Concurrence). La quasi-totalité des concessionnaires n'accepte que le paiement en liquide, accueillant volontiers les petits "pourboires" des commerçants.

Vendeur sur les marchés : un métier difficile. 

Loin des 35 heures, pour un revenu moyen de 1 200 euros par mois, la journée de travail démarre très tôt et le métier est physiquement éprouvant. Il faut décharger, installer, ranger, recharger, six jours sur sept, quel que soit le temps. Quand on leur demande leurs motivations, les commerçants non sédentaires sont unanimes : "la liberté d'être son propre patron". Mais pour réussir, il faut être à la fois bon gestionnaire, décorateur, acheteur mais surtout vendeur. Tout cela ne s'invente pas et s'apprend, à défaut d'être inné. Cependant, les changements d'habitudes alimentaires, la concurrence des grandes surfaces, les horaires difficiles et l'obligation de s'équiper pour respecter les nouvelles normes européennes sont des caractéristiques qui font baisser régulièrement le nombre de vocations pour le métier depuis plusieurs années..Article publié le 2 décembre 2004

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