Bernard Dagand, commerçant nomade

Bernard Dagand, 59 ans, est le président du Syndicat des commerçants des foires et marchés des Pyrénées Orientales.

Bernard Dagand, 59 ans, est le président du Syndicat des commerçants des foires et marchés des Pyrénées Orientales. Depuis plus de 20 ans, il installe ses étals sur les places des villes et villages du département, pour vendre des olives, des arachides, des biscuits et des confiseries. Connu pour son franc parlé, ce futur retraité évoque ce métier de plein air avec passion.

Voler de mes propres ailes.

"Quand j'étais jeune, j'étais contractuel dans l'enseignement supérieur. Mais suite aux événements de mai 68, j'ai quitté l'administration. J'avais un esprit de liberté et j'avoue être allergique aux "petits chefs". J'ai voulu voler de mes propres ailes. J'ai travaillé quelques temps dans la menuiserie artisanale puis industrielle. Mais cela ne me convenait pas vraiment. Un jour, un cousin qui faisait les marchés m'a parlé de son métier. Il m'a assuré que je n'aurais pas de soucis financiers. J'ai décidé de me lancer."

Une SARL familiale.

"Cela fait plus de 20 ans que j'exerce sur le domaine public. Je suis spécialisé dans l'alimentation générale. Je commercialise l'olive, l'arachide, la salaison maritime, la biscuiterie, la confiserie, l'amuse-gueule... C'est un métier de bouche qui me plaît énormément. Progressivement, j'ai monté une SARL familiale : je travaille avec mon épouse, mon fils et sa femme. Dans un an, je prendrai ma retraite et mon fils me succédera. Mais je sais que cela va être difficile pour moi d'être coupé ainsi de ce contact humain. J'ai des clients que j'ai vu grandir. Certains sont même devenus mes amis..."

La fatigue, on n'y pense pas.

"En période basse, lorsque les jours sont plus courts, on se lève vers 5 heures. En fonction des lieux des marchés, le départ s'effectue entre 6 heures et 7 heures. Et le retour après 13h30. Quand les jours s'allongent, que les touristes affluent et que l'activité commerciale reprend, les journées sont plus longues. On se lève alors vers 3h30- 4h. Et on rentre le soir vers 22h30-23h. De part notre statut, nous avons la possibilité d'avoir quatre étals différents sur quatre marchés différents. Cela demande un travail énorme. Mais quand on a la volonté de faire ce métier avec le coeur, la fatigue on n'y pense pas. D'ailleurs, le travail en plein air maintient en forme !"

C'est rentable ?

"Si on a la volonté de travailler, on arrive à un résultat. Je ne dis pas qu'on roule sur l'or, mais on arrive à joindre les deux bouts et à ne pas avoir de dettes. Ce n'est déjà pas si mal."

Un  bon débouché pour les jeunes.

"J'encourage les jeunes à se tourner vers cette forme de distribution. Cela peut être un bon débouché surtout dans les métiers de bouche. Dans notre région, il nous manque des poissonniers, des bouchers-charcutiers. Ce sont des métiers porteurs sur les marchés. Si des jeunes se sentent l'âme d'un commerçant et après avoir fait un petit stage chez un professionnel, qu'ils n'hésitent pas à se lancer !"Propos recueillis par Corinne Dillenseger, publiés le 2 décembre 2004

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