Aisne : le conseil départemental adopte "un parcours d'activités renforcé" pour les allocataires du RSA

Le président du conseil départemental de l\'Aisne, Nicolas Fricoteaux, le 2 avril 2019.
Le président du conseil départemental de l'Aisne, Nicolas Fricoteaux, le 2 avril 2019. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

Le président du conseil départemental de l'Aisne, Nicolas Fricoteaux, a expliqué, mardi sur franceinfo, pourquoi avoir adopté une proposition pour que les bénéficiaires du RSA consacrent 35 heures par semaine à leur réinsertion.

Le conseil départemental de l'Aisne a adopté, lundi 24 juin, une proposition pour que les bénéficiaires du RSA consacrent 35 heures par semaine à leur réinsertion. Le président sans-étiquette du conseil Nicolas Fricoteaux a expliqué, mardi sur franceinfo, les motivations derrière cette décision.

franceinfo : De quoi s'agit-il exactement ?

Nicolas Fricoteaux : Il s'agit de proposer aux bénéficiaires du RSA, en tout cas celles et ceux qui pourront, d'avoir un parcours d'activités renforcé, un parcours qui corresponde à leurs besoins, qui corresponde individuellement à ce qui peut être mis en œuvre pour favoriser leur retour à l'emploi et en tout cas favoriser de manière générale l'insertion dans la société. Cela peut aller jusqu'à 35 heures par semaine parce qu'il me semble que le référentiel du temps de travail devrait être aussi celui de l'insertion. C'est donc à moduler bien sûr en fonction des cas et des difficultés notamment de santé, familiales, et des difficultés diverses.

Pourquoi cela mettra-t-il fin aux polémiques sur l'assistanat, selon vous ?

Parce que c'est ce qu'on entend un peu à droite et à gauche. On nous dit constamment : "Il vaut mieux rester chez soi et toucher une allocation, que d'aller travailler, d'engager des dépenses pour se rendre sur son lieu de travail, et finalement n'avoir pas grand-chose de plus au bout." Déjà il faut tordre le cou à cette idée reçue parce que le revenu est relativement malgré tout très faible. Mais en tout cas il y a déjà une volonté de s'insérer à travers des contrats d'engagements réciproques qui sont élaborés entre nos travailleurs sociaux et les allocataires du RSA, et donc c'est ce contrat d'engagement réciproque que nous souhaitons étendre, généraliser et surtout lui donner un petit peu plus d'amplitude.

Que devront faire les allocataires du RSA précisément ?

Cela peut être de la formation, notamment travailler aussi sur l'illectronisme [manque ou absence de connaissance nécessaire pour l'usage des ressources électroniques] et l'illettrisme, ce sont des immersions en milieu professionnel, ça peut être aussi l'apprentissage du permis de conduire, ça peut être des actions de bénévolat et de citoyenneté. L'engagement de quelques-uns est déjà connu dans le monde associatif et parfois même comme sapeurs-pompiers ou ce genre de chose. Des choses qui ne sont peut-être pas suffisamment mises en valeur dans le parcours des bénéficiaires et donc c'est permettre de montrer qu'ils savent faire des choses, qu'ils ont des savoir-être, des savoir-faire qu'on va développer et qui permettent de mieux s'insérer dans la société.

Est-ce que cela permettra aussi de remotiver certaines personnes pour chercher un emploi ?

Oui parce que lorsque vous allez avoir un parcours d'activités qui sera renforcé, qui sera davantage finalement en conformité avec les attentes du bénéficiaire aussi, mais aussi en fonction des attentes de la société, vous allez vous rapprocher de plus en plus de l'emploi et de cette intégration professionnelle que l'on souhaite à tous.

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