Bruxelles demande à la France "des mesures crédibles" pour réduire son déficit en 2015

Le siège de la Commission européenne, à Bruxelles (Belgique), le 18 juin 2014.
Le siège de la Commission européenne, à Bruxelles (Belgique), le 18 juin 2014. (LEX VAN LIESHOUT / ANP MAG / AFP)

Contrairement aux engagements pris au niveau européen, le ministre des Finances Michel Sapin prévoit désormais un déficit public de 4,4% du PIB en 2014, au-delà des 3,8% visés.

La Commission européenne demande à la France "des mesures crédibles" pour réduire son déficit en 2015, mercredi 10 septembre. Le projet de budget, que Paris doit envoyer à Bruxelles d'ici mi-octobre, doit "mettre en place" un "ambitieux plan de réduction", a indiqué Simon O'Connor, le porte-parole de la Commission européenne en charge des Affaires économiques.

Un déficit qui s'accroît en France

Contrairement aux engagements pris au niveau européen, le ministre des Finances Michel Sapin prévoit désormais un déficit public de 4,4% du PIB en 2014, au-delà des 3,8% visés. Le seuil de 3%, maximum toléré par les traités européens, ne sera atteint qu'en 2017, au lieu de 2015 comme prévu initialement.

En mai, Bruxelles avait déjà fait partagé ses doutes sur les prévisions françaises pour 2014. En juin, l'Insee n'avait pas non plus épargné le gouvernement. "La croissance revient mais ne décolle pas", avait écrit l'institut économique.

Un budget en équilibre en Allemagne

A l'inverse, la chancelière Angela Merkel s'est dite mercredi "fière" des performances budgétaires de l'Allemagne. La chambre basse du parlement allemand doit voter vendredi le projet de budget 2015, qui prévoit un équilibre au niveau fédéral pour la première fois depuis 1969.

Angela Merkel en a profité pour réclamer que les Européens respectent "enfin" les règles qu'ils se sont fixées. "Le financement de l'économie à crédit doit enfin cesser", a martelé la chancelière, évoquant un devoir envers les générations à venir, dans un pays vieillissant.

Des règles valables dans toute l'Europe, rappelle Merkel

"Une stricte discipline sera nécessaire du côté des dépenses, a ajouté Angela Merkel, et ce qui vaut pour l'Allemagne vaut aussi pour l'Europe." Pour la dirigeante allemande, "tenir nos promesses doit enfin devenir la marque de fabrique de la zone euro".

Le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) signé en mars 2012 par tous les Etats membres de l'Union européenne prévoient la coordination des politiques budgétaires. Le budget de la France (et des autres pays signataires) doit être présenté à la Commission européenne à Bruxelles avant d'être soumis au vote du Parlement.