Déficits, croissance : ce que va présenter le gouvernement

Le ministère de l\'Economie et des Finances, à Paris, en mars 2014.
Le ministère de l'Economie et des Finances, à Paris, en mars 2014. (MANUEL COHEN / AFP)

Paris table sur une croissance du PIB de 1% en 2014 et 1,7% en 2015. Et prévoit un déficit de 3% en 2015, juste dans les clous fixés par Bruxelles.

Une trajectoire tout juste dans les clous imposés par Bruxelles. Le gouvernement doit livrer, mercredi 23 avril, ses prévisions budgétaires pour les trois prochaines années, soit jusqu'à la fin du quinquennat. Ce "programme de stabilité", qui sera livré à la commission des finances de l'Assemblée nationale, contient les attentes du gouvernement en matière de croissance, mais aussi ses projections de déficit.

Une croissance "pas hors d'atteinte"

L'exécutif table sur une croissance de 1% du PIB (Produit intérieur brut) en 2014 et de 1,7% en 2015. Dès minuit, mercredi matin, le Haut Conseil des finances publiques, organisme indépendant qui évalue la crédibilité des hypothèses gouvernementales, a jugé "réaliste" le chiffre pour 2014 et a estimé que la prévision 2015 n'était pas "hors d'atteinte".

Pour les années suivantes, il s'est dit plus réservé, qualifiant "d'optimiste" le scénario gouvernemental, qui prévoit une accélération de la croissance à 2,25% en 2016 et 2017.

Une prévision de déficit de 3% en 2015

Les annonces les plus attendues concernent le déficit public, le chiffre le plus emblématique pour les engagements européens de la France. Selon le quotidien Les Echos, il atteindra 3,8% du PIB cette année, puis 3% l'an prochain, tout juste le seuil de tolérance européen.

Jusqu'à présent, Paris attendait 3,6% en 2014 puis 2,8% en 2015, mais les finances de la France ont davantage flanché que prévu l'an dernier. Le déficit public du pays a en effet atteint 4,3% du PIB l'an dernier au lieu des 4,1% attendus, ce qui complique encore le retour à 3%.

Paris, qui a déjà par deux fois obtenu un report, ne peut plus reculer. Pour convaincre la Commission de Bruxelles, gardienne des engagements budgétaires, la France tente de faire bonne figure en brandissant un plan de 50 milliards d'euros d'économies.

Selon Les Echos, pour entrer dans les clous européens, le gouvernement va inscrire 4 milliards d'euros de baisses de dépense supplémentaires dans une loi de finances rectificative cet été. Pour la suite, il compte sur l'accélération de la croissance pour réduire le solde.

Une vision déterminée malgré les risques

Malgré les voix à gauche qui réclament un plan d'économies moins sévère, Manuel Valls ne devrait pas céder. Mais les députés PS ne sont pas les seuls à s'inquiéter des répercussions de ces réductions de dépenses d'une ampleur inédite en France.

Le Haut conseil des finances publiques écrit ainsi dans son rapport, mercredi, qu'il "existe un risque que les effets positifs sur l'emploi et les salaires de la politique d'offre n'atténuent pas les effets négatifs sur l'activité de la consolidation budgétaire à la hauteur et au rythme de ce qui est prévu". En d'autres termes, la baisse des dépenses va peser vite et fort sur la croissance, tandis que les baisses de cotisations et de fiscalité promises aux entreprises mettront du temps à relancer l'activité.

La baisse de dépense pourrait, au final, "peser davantage que prévu par le gouvernement sur la croissance à court terme", avertit le Haut conseil, pour qui tout repose sur une "crédibilité forte de la politique économique". C'est-à-dire sur la capacité du gouvernement à susciter le "choc de confiance" maintes fois promis.

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